21 décembre 2006

Ségolène à Strasbourg : "L'Europe devra être un espace de protection"

Ségolène Royal s'est prononcée mercredi à Illkirch-Graffenstaden, près de Strasbourg, contre une Europe "naïve", prônant "des mécanismes qui protègent notre industrie" dans la compétition mondiale, dans un discours où elle a exalté le rôle de "la puissance publique".

Soulignant "la grande inquiétude face à la mondialisation", elle a assuré que "non seulement l'Etat peut encore servir à quelque chose, mais il doit servir à quelque chose". "La puissance publique doit assumer ses responsabilités".

Mme Royal a affirmé que la France ne gagnerait pas "la bataille de l'emploi en fermant (ses) frontières". Mais, a-t-elle ajouté, "je souhaite que l'Europe ne soit pas ouverte à tous les vents du libéralisme destructeur et que nous sachions mettre en oeuvre des mécanismes acceptables qui protègent notre industrie". "L'Europe devra cesser d'être naïve. Oui, l'Europe devra être un espace de protection" pour "sauver notre modèle social", a-t-elle repris. La candidate a appelé à "utiliser tous les moyens pour protéger nos marchés, nos emplois, notre industrie tout en restant ouverts sur le monde, mais à armes égales".

Ségolène Royal, qui s'était rendue auparavant sur le site d'une usine Suchard où sont programmés des suppressions d'emploi, a dit vouloir "se battre à côté" des salariés pour qu'"on n'accepte plus les licenciements inciviques qui ne correspondent meme pas à la réalité économique". "Il n'y a aucune fatalité, je refuse ce renoncement, avec vous je veux construire la France qui se bat et la France qui se relève", s'est-elle exclamée.

Ségolène Royal a également insisté sur la nécessité d'une "nouvelle donne" avec les entreprises. "Elles devront pérenniser les emplois si elles obtiennent des aides publiques, sinon elle devront rembourser. Les impôts seront modulés selon que les bénéfices sont réinvestis ou distribués".

"Quand le Medef, applaudi par la droite, parle de séparabilité" des employeurs et des salariés, "derrière ce mot, il y a le travailleur jetable".

"En s'appuyant sur les propositions des organisations syndicales" de "créer dans ce pays la démocratie sociale, car c'est une condition fondamentale de la réussite économique". Elle s'est engagée à "généraliser les emplois-tremplins (emplois-jeunes) créés dans les régions de gauche depuis 2004, pour atteindre 500.000 emplois".

Mme Royal a accusé les banques de "ne pas jouer leur rôle" dans l'accès au crédit des PME. "Ce sont les collectivités territoriales, c'est-à-dire les contribuables, qui font le travail des banques!", a-t-elle protesté. Elle s'en est pris enfin au Premier ministre Dominique de Villepin, traité de "privatiseur de GDF et fauteur de vie chère". "Il est temps que la volonté politique reprenne la main" face au "capitalisme spéculatif", a-t-elle conclu.

Sur les thèmes "vie chère, pouvoir d'achat, efficacité économique, dialogue social", elle concluait à Illkirch-Graffenstaden son premier "débat participatif", animé par le maire PS de la commune Jacques Bigot, en présence de 1.500 personnes.

Elle s'est aussi étonnée de ceux qui "découvrent aujourd'hui qu'il y a une France qui souffre" alors que, "depuis cinq ans, c'est la brutalité, la rupture, la précarité".

(source : AP)

Posté par GULLIVER à 16:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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