25 mai 2008
La région Poitou-Charente se met au vert
Soucieuse de faire figure d'exemple en matière de développement durable, la région Poitou-Charente, que préside l'ex-candidate à l'élection présidentielle Ségolène Royal, a décidé de prendre le taureau par les cornes et d'intervenir directement dans l'élaboration d'un véhicule propre et bon marché.
Il faut dire que le véhicule électrique, c'est l'Arlésienne. Depuis des années que les constructeurs sont censés progresser dans cette voie, force est de constater que leur diffusion demeure archi-confidentielle, que l'offre est réduite à néant et que le saut technologique nécessaire pour régler les problèmes d'autonomie et de performance semble long à franchir. Toutefois, après des années de sous investissement, les annonces des différents acteurs du monde automobile se succèdent et chacun semble avoir compris, le prix du baril aidant la prise de conscience, le potentiel de cette voie. Alors que la communication des constructeurs est toujours plus axée sur les vertus vertes de leurs modèles, ces derniers investissaient jusque-là plus volontiers dans le moteur thermique traditionnel en s'attachant à le rendre plus écolo que dans la recherche de solutions alternatives à l'exception de certains précurseurs comme Toyota et sa Prius.
Avec cette initiative, cette fois, c'est directement un acteur public qui prend l'initiative de chercher à développer rapidement un véhicule utilisant la fée Électricité pour se mouvoir. Le cahier des charges est clair : une automobile utilisant une énergie électrique, dont les émissions de CO2 ne dépassent pas 60g/km (2,5 fois moins que l'objectif actuel pour les voitures neuves ; il prend en compte l'origine le bilan énergétique actuel de la production d'électricité en France) avec un prix de vente hors taxes de 5 000 euros (soit moins qu'une Logan). Il doit comporter au moins trois roues et pouvoir transporter deux personnes au minimum. L'empreinte écologique de sa fabrication sera également prise en compte.
Le ou les projets lauréats sur les 12 retenus pour l'instant seront présentés au Mondial de l'automobile à l'automne et bénéficieront d'une aide financière de la région ainsi que d'un soutien pour décrocher des fonds européens et trouver des partenaires pour un développement industriel à fins de commercialisation.
L'ambition de ce projet est de faire du Poitou Charente un modèle de développement écologique tout en cherchant à en tirer des retombées économiques sur son territoire notamment pour dynamiser son tissu industriel. Une initiative tout à fait louable mais encore isolée dont on peut se demander si elle ne gagnerait pas en cohérence et en portée en s'inscrivant dans un programme national ambitieux de promotion des énergies renouvelables.
Romain CANTENOT
(source : Webcarnews)
19 mai 2008
Ségolène Royal prête à "assumer cette belle mission"
Ségolène Royal annonce sa candidature ...
Vidéo envoyée par segoleneparis
Devant près de 500 militants réunis à La Bellevilloise lors d'un Atelier Citoyen, Ségolène Royal a annoncé sa candidature au poste de Premier Secrétaire du Parti Socialiste.
Lire l'intégrale du discours.
02 décembre 2007
"Ce que j'ai à vous dire", par Ségolène Royal
Enfin ! Après toute cette cacophonie éditoriale, ces paroles fielleuses, ce concert dissonnant de yakafokon, et après les petites musiques instructives de Patrick Menucci, François Rebsamen et Julien Dray, plus douces à nos oreilles, Ségolène s'exprime. Son témoignage est attendu en début de semaine prochaine. A en juger par le libellé des chapitres et sous-chapitres, notre candidate n'a en tous cas pas perdu son sens de l'humour. Tant mieux...
Assommés par une défaite aussi manifestement imméritée, nous avions bien besoin qu'elle nous "requinque".
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Je dois cette réflexion à toutes celles et à tous ceux qui m’ont fait confiance, dont j’ai porté les espoirs et qui ont souffert de la défaite. Mais aussi à tous les autres qui ont glissé dans l’urne un autre bulletin que le mien . C’est aussi une façon de se tourner résolument vers l’avenir avec une détermination retrouvée. Sans nostalgie mais sans oubli.
Cette histoire que nous avons vécue ensemble ne m’appartient pas. Elle est inscrite désormais dans l’histoire de notre pays, elle appartient à tous les Français qui l’ont écrite, c’est-à-dire non seulement aux dix-sept millions d’électeurs qui ont espéré ma victoire mais aussi à tous les autres qui ont participé à ce formidable instant démocratique. J’en veux pour preuve l’exceptionnelle participation électorale dans un contexte de doute profond à l’égard de la politique.
Je crois qu’il était nécessaire – et cela m’a été demandé, d’ailleurs, de toutes parts – de tirer des leçons pour l’avenir, de transmettre ce que j’ai compris du pays pendant cette période.
Je crois que livrer cette réflexion peut servir à ceux qui gouvernent comme à ceux qui s’opposent – à ceux qui ont des certitudes comme à ceux qui n’en ont pas.
Il y a eu au cours de cette campagne une mobilisation inouïe des Français, des débats intenses dans tout le pays, y compris sur les l ieux de travail, devan t les distributeurs à café, au coeur des familles toutes générations confondues, dans les cours de récréation, etc. Finalement, une forme de réhabilitation du débat public. Des milliers d’interrogations ont été posées, des questions simples et d’autres complexes, et même des sujets qui cherchent aujourd’hui encore leur réponse : la juste répartition des richesses, les effets de la mondialisation, la valeur du travail, la nation, le vivre ensemble, l’avenir de la France, et bien d’autres. L’exercice auquel je me livre aujourd’hui répond, bien sûr, à une démarche personnelle puisque je donnerai mon éclairage, mon point de vue. Il n’a pas vocation à être totalement exhaustif mais c’est un témoignage fait de franchise, d’honnêteté, de probité. Mais je le conçois, aussi, comme une contribution à la construction des victoires f utures de la gauche au service de la réussite du pays. On me dira que je suis juge et partie ? Non, car ce n’est pas moi qui rends le verdict.
Tables des matières
I - Ce que j'ai à vous dire
- Pourquoi ce récit ?
- Je ne suis ni Jeanne d'Arc ni la Vierge Marie
- Peuple de France
- Résilience
II - Le parcours de la combattante
- Scène de campagne : Michel Rocard, visiteur de l'après-midi
- Une femme debout (« Roun fanm dibout », comme on m'a dit outre-mer)
- L'amertume des éléphants
- La montée en puissance
- Thomas et la ségosphère
- Second tour : La défaite
- Les difficultés avec la presse
- Histoire véridique des bourdes qui n'en étaient pas
- Jurys citoyens : je persiste et je signe
- Nucléaire iranien : l'incompétence des compétents
- Liban : l'intox monte d'un cran
- Bravitude et chinoiseries
- Lauriers à la Justice chinoise ? L'infâme contrevérité
- Guadeloupe : elle veut casser la République
- Le débat interne : fausse bonne idée et vraie répétition générale
- La paille et la poutre
- Sur la politique étrangère : deux poids, deux mesures
- La cohérence des valeurs
- Galerie de portraits
- Scène de campagne : les embarras de François Bayrou
- Les Gracques 40
III - La machine de l'adversaire : l'argent, les médias et les sondages
- Premières alertes
- La technique du vacarme
- « Fleur de bouse »
- Avec cette élection, un seuil a été franchi
- Trappage à La Tribune
- Censure à Métrobus
- Quimperlé : cachez ce fonds que je ne saurais voir
- Elle perd ses nerfs
- C'est pas moi, c'est les juges !
- L'avènement du « clefs en main »
- Amis et patrons de presse : le verrouillage médiatique
- Présomption d'uniformité
- Un net penchant pour l'immixtion
- Des livres qui dérangent
- Sondage, mon beau sondage
- Sondages encore : ni addiction, ni diabolisation
- Sondages, fin : le poids des écarts
- Pas hors jeu : dans le jeu !
- Quand les réponses sont dans les questions
- Un vrai travail de pro
- On n'est jamais si bien servi que par les siens
IV - L'autre moitié du ciel : candidate mais femme
- Être une femme candidate, c'est pas si facile
- L'intruse
- Du genre en politique
- Je ne suis pas macho : ma femme est féministe !
- Talons aiguilles
- Big Mother et les dames sécateurs
- Par le coeur et la raison, civiliser l'avenir
- Rien ne sera plus comme avant
- D'un plafond de verre, l’autre
- Une République inachevée
- Caissières en sursis
- Précarité : les femmes d’abord
- Travailler plus pour gagner moins
- Déverrouiller, c’est possible
- Osons la mixité dans nos têtes !
- Le cumul des mandats contre la parité
- Un combat émancipateur de tous
- Le vote des femmes en 2007
- Ma femme me harcèle pour que je te soutienne !
- La proximité
- Effet de genre ou effet de génération ?
- Les comportements électoraux se rapprochent
- Parité pour les unes, transgression pour les autres
- Des électorats féminins contrastés
- Pas de survote féminin
- Elles ont poussé les premières portes
- Qui doit changer : le pouvoir ou les femmes ?
V - Dernières réponses pour tourner la page et regarder l'horizon
- Chapeau les hommes !
- Elle l'a fait quand même ?
- Le procès en illégitimité ?
- Dompteuse d'éléphants ?
- Garde-moi de mes ennemis, je me charge de mes amis
- Sur un air d'improvisation
- Tout a commencé sur une phrase
- Mes combats de toujours
- La prochaine fois
- La démocratie participative ?
- Une étrange défaite
28 juin 2007
Le PS est mort, vive le PS !
Nous étions 800 (selon l’AFP) dans ce gymnase des Blancs Manteaux, à l’invitation du Comité Désirs d’Avenir de Paris, venus en ces temps difficiles avec le ferme espoir de relancer une machine à gagner au cœur d’un PS plus immobiliste et plus divisé que jamais, à ce qu’on dit. Il y avait même, très applaudi, un membre du MODEM fort désireux que son mouvement rompe enfin avec un ni-ni stérile…
Certains, ceux qui en « bavent » le plus dans leur section, étaient venus avec l’espoir qu’on leur délivre enfin un visa pour la terre promise : un parti 100% ségoléniste, où l’on se retrouverait entre soi, dans l’enthousiasme partagé.
Mauvaise idée, bien sûr. Alors que la gauche a besoin de s’unir, est-ce le moment d’ajouter la division à la division ?
Alors que l’opinion de gauche, et surtout celle des militants PS, nous reste très largement favorable, devrions-nous partir battus et abandonner le terrain sans combattre aux nostalgiques de la social-démocratie des années 60, morte et enterrée, ou de l’union de la gauche façon 1981 ?
Et ne devons-nous pas nous méfier de notre propre enthousiasme ? Regroupés entre nous, toute voix discordante bannie, ne risquons-nous pas de confondre parti et « fan club » et de réinventer sous nos cieux tempérés une forme de ce que Chavez a porté à la perfection dans son émirat : l’association d’une démocratie directe à la base avec le culte du chef ?
La gauche du XXIème siècle, ce n’est pas cela.
Et puis, tout n’est pas si noir dans le parti socialiste ! Durant cette campagne, combien de fabiusiens, de strauss-kahniens, de jospiniens, de mélenchonistes, de tartempioniens de tout poil, n’ont-ils pas « mouillé la chemise » et défendu nos couleurs communes avec loyauté, sans états d’âme. A-t-on pensé à les en remercier ?
Combien de sections où le débat s’est déroulé de façon constructive, approfondie, dans le respect mutuel !
Et ceux qui se plaignent que leur section soit verrouillée, ont-ils toujours adopté la meilleure méthode pour s’imposer en douceur, se rendre indispensables afin de faire admettre leur ségolénisme comme le chaînon manquant du vieux parti ?
Reconquérir le parti, renouveler le score de la campagne interne, c’est facile si nous savons, là où nous militons, nous montrer des militants exemplaires, constructifs, chercheurs de consensus. Pas de ce consensus mou qui évacue les problèmes mais de cette écoute participative, respectueuse de l’autre, qui cherche derrière les antinomies apparentes la voie d’une « synthèse dialectique ».
Bien sûr, de la mauvaise foi, du dénigrement systématique, des arrivismes et des dents longues, il y en a, l’homme est ainsi fait. Mais ils ne doivent pas nous décourager, nous faire baisser les bras ni oublier l’immense masse des hommes et des femmes de bonne volonté qui sont la réalité de ce parti.
C’est en pensant à tout cela, sans doute, que Ségolène s’est adressée à nous, aux Blancs Manteaux, pour nous dire non pas de quitter le PS mais de le renforcer, d’y adhérer et d’y faire adhérer massivement, de contribuer à bâtir enfin ce parti de masse sans lequel rien n’est possible. Un parti qui sache refléter la diversité du peuple et défricher la voie qui relie le possible à l’utopie.
It’s a long way… Alors, courage !
Voir la vidéo de l’intervention de Ségolène.
Lire le communiqué de l’AFP.
18 juin 2007
Après le second tour, le travail continue !
Royal
Vidéo envoyée par lefigaro
Au lendemain du second tour, Ségolène Royal évoque les quatre défis à relever par la gauche et le travail qui attend l'opposition pour faire vivre la démocratie et ouvrir des perspectives d'avenir.
26 mai 2007
Ségolène au Zénith

La grande rentrée politique de Ségolène ROYAL, c'est mardi prochain 29 mai au Zénith à partir de 18h30 !
A ses côtés, François HOLLANDE, Bertrand DELANOE, Laurent FABIUS, Dominique STRAUSS-KAHN, mais aussi l'ensemble des candidats de la région Ile-de-France viendront défendre les couleurs du PS pour les législatives.
Voir le tract_du_zenith.pdf.
07 mai 2007
L'appel du 6 mai
Segolene-Comité de campagne-6 mai
Vidéo envoyée par da93
Le 6 mai au soir, Ségolène salue la forte mobilisation des électeurs et appelle à poursuivre le combat de la rénovation démocratique.
04 mai 2007
François Bayrou : l'interview que les médias n'ont pas répercutée
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, François Bayrou.
François Bayrou : Bonjour.
- Le débat que vous deviez avoir sur Canal+, demain avec Ségolène Royal, a été annulé par la chaîne. Canal+ explique que les règles prévoyant l'égalité de temps de parole entre les deux finalistes du deuxième tour, empêchent l'organisation de votre dialogue avec la candidate socialiste. Comment réagissez-vous à cette annulation, François Bayrou ?
Lorsque j'ai tenu une conférence de presse, mercredi, j'ai parlé, de la part de Nicolas Sarkozy, d'intimidation et de menace. C'est exactement là qu'on en est. Ce débat qui avait été organisé à la demande de Canal+, nous avions décidé. J'avais été invité à un débat par Ségolène Royal. J'ai accepté. Et j'avais dit que si Nicolas Sarkozy m'invitait à un débat, j'accepterais aussi. Ce débat qui a suscité beaucoup d'intérêt. Je veux rappeler que Ségolène Royal et moi, nous avons ensemble recueilli près de 45% des voix. Ce qui est une part très importante des citoyens français qui ont droit à avoir des explications démocratiques entre les candidats, avoir leurs convergences et leurs divergences, avoir leurs rapprochements et au contraire, leurs affrontements.
Ce débat avait été organisé par Canal+, à la demande de la chaîne, et puis s'y était joint un certain nombre d'autres télévisions et radios. Il se trouve que ce débat a été annulé en arguant ou en prétendant qu'il y avait des règles du CSA et une demande du CSA qui empêcherait la tenue du débat, ceci est absolument faux.
- Comment le savez-vous ?
Parce que j'ai vérifié auprès du CSA ce qu'il en était. Et parce que si jamais, il y avait eu une intervention du CSA, elle aurait été susceptible de recours devant le Conseil d'Etat en référé, c'est-à-dire d'heure à heure et que nous aurions ainsi sans aucun doute, obtenu le respect de cette liberté. Il s'agit, Jean-Michel Aphatie, d'une liberté fondamentale des Français et une part des enjeux de cette élection présidentielle, c'est le respect des libertés fondamentales des Français.
Ici, par toute une série de réseaux que nous connaissons tous, qui rapprochent de très grandes puissances financières et de très grandes puissances médiatiques autour de Nicolas Sarkozy, des interventions directes sont faites auprès des rédactions, sont faites auprès des chaînes de manière que l'information se trouve verrouillée. Je n'accepterai jamais que dans mon pays, on verrouille l'information. On est en train de choisir le chemin d'une régression immense qui met en cause le droit élémentaire des Français à être informés et songez que Nicolas Sarkozy n'est pas encore élu ! Alors, qu'en sera-t-il s'il est élu !
- Dites-vous, ce matin, clairement sur RTL, François Bayrou que si Canal+ a annulé votre débat avec Ségolène Royal, c'est à la demande de Nicolas Sarkozy ?
Je n'en ai pas la preuve, mais j'en ai la certitude.
- Quand vous dites, au début de votre intervention vous l'avez dit, que le goût de l'intimidation et...
... de la menace.
- ... et de la menace de Nicolas Sarkozy ont pu jouer dans ce débat. C'est une intuition ?
C'est une certitude.
- Que vous appuyez sur quoi ?
Sur des témoignages nombreux.
- Des témoignages nombreux de gens qui vous ont dit que... ?
Des témoignages nombreux.
- Des intimidations ou des menaces ont été adressées à la direction de Canal+ pour qu'elle annule le débat ?...
Pas seulement à la direction de Canal+. A tous ceux qui s'intéressaient au débat et avaient l'intention de le retransmettre.
- C'est une accusation grave, François Bayrou ?
C'est une accusation certaine. Je dis les choses comme elles sont. Comme vous savez, je suis quelqu'un de modéré qui a toujours défendu la liberté chez nous et ailleurs. Je l'ai défendue encore en Pologne parce que Geremek se trouve sous le coup d'une menace de lui retirer son mandat de député européen ; et ce que je défends en Pologne, je le défendrai en France. Ce que j'ai défendu contre les Régimes de l'Est, je le défendrai en France. Je n'ai jamais transigé avec ce droit fondamental, cette liberté fondamentale qui est d'être informé. Ce que je dis là, Jean-Michel Aphatie, tout le monde le sait. Il n'y a pas dans ce Studio une personne qui ignore ce que je suis en train de raconter là...
- Ce que vous dites, François Bayrou, c'est que les libertés sont menacées, aujourd'hui en France ?
Je dis avec certitude qu'il y a dans l'organisation de Nicolas Sarkozy depuis longtemps une tentative de verrouiller l'information, que ceci passe par des puissances très importantes que j'ai tout au long de la campagne électorale désignée comme étant un problème pour la France. Ce réseau qui fait que se rapprochent de très grandes puissances financières, de très grandes puissances médiatiques et la puissance politique que Nicolas Sarkozy représente, il faut que vos auditeurs sachent que c'est un extraordinaire frein au progrès du pays. Un pays ne peut pas avancer s'il n'a pas l'information libre qui permet à chacun des citoyens de se faire une idée de son avenir.
Et donc, je dis avec certitude que je ne peux pas accepter que cela se fasse. Et donc autant qu'il dépendra de moi (je vous dis aussi, contrairement à toutes les informations qui ont été avancées) ce débat aura lieu parce que deux candidats qui représentent 45% des Français, c'est un droit légitime pour les Français de savoir ce qui les sépare, quelle est leur vision de l'avenir, puisque la confrontation n'a pas pu avoir lieu avant le premier tour, il faut qu'elle ait lieu entre les deux tours.
(...)
- Vous ne pouvez pas dire que les libertés publiques sont menacées et ne pas en tirer une conséquence. Vous ne pouvez pas.
J'en tire assez de conséquences pour être à votre micro et pour dire ceci avec gravité. Il y a 7 millions de personnes qui ont choisi de voter pour moi. Ces 7 millions de personnes représentent la Droite modérée pour une part, le Centre pour une grande part, une partie de la Gauche républicaine pour une autre part et des gens venus de l'écologie ou d'ailleurs. Ils ont tous un point commun. Ils pensent que pour réformer notre pays, il faut qu'il se modernise et que pour se moderniser, il est important qu'il accepte enfin, des règles démocratiques qu'il n'a jamais acceptées jusqu'à ce jour.
Or, au lieu d'aller dans le sens d'une correction de la Ve république avec des règles démocratiques mieux respectées, Nicolas Sarkozy dans sa pratique de tous les jours que nous avons sous les yeux à l'occasion du débat, il va au contraire dans le sens d'un manque aggravé de respect de ces règles. C'est la raison pour laquelle, j'ai dit l'autre jour qu'en effet, il représentait pour moi un risque pour la France, j'ai dit le risque de Nicolas Sarkozy, c'est : il ne respecte pas l'équilibre des Pouvoirs et il risque de briser la société française ; et le risque de Ségolène Royal, c'est son Programme économique et sa vision de l'Etat.
- Les deux ne sont pas équivalents, François Bayrou, vous en conviendrez, tels que vous les exposez.
Eh bien, je dis avec certitude que nous avons sous les yeux, là. Là, aujourd'hui, la preuve que cette propension ou ce choix de Nicolas Sarkozy de verrouiller l'information et le débat, est nuisible pour la France. Je ne laisserai pas faire ce genre de choses.
- Vous convenez que les deux risques que vous exposez, vous ne les présentez pas de manière équivalente, vous en convenez ?
Non, je dis que l'un est un risque d'urgence sur la vie de notre pays ; l'autre est un risque de moyen terme avec des choix économiques qui ne sont pas justes. Et je l'ai dit depuis le début.
- Plusieurs des députés appellent... de députés UDF qui vous soutiennent, qui vous ont soutenu pendant l'aventure présidentielle, appellent malgré tout, malgré ce que vous dites, à voter pour Nicolas Sarkozy ?
Oui, parce qu'ils croient, ces députés, que nous sommes revenus dans l'ancien schéma Droite-Gauche. Et moi, je vous dis qu'il ne s'agit pas du schéma Droite-Gauche. Il s'agit de quelque chose de plus important.
Quelle idée nous faisons-nous de la démocratie en France ? Et moi, ce point que nous avons sous les yeux aujourd'hui, il mérite que nous nous arrêtions une seconde, en disant : Nous n'allons pas laisser faire ça. La France, ce n'est pas un pays dans lequel, qui que ce soit, fût-il candidat avec de puissants amis à la présidence de la république, peut verrouiller l'information et empêcher la démocratie de se déployer.
- François Bayrou était l'invité de RTL, ce matin. Bonne journée.
03 mai 2007
Ripley présidente
Oui, c’est à l’héroïne d’Alien qu’elle m’a fait penser, cette battante vêtue de noir, cette femme décidée et courageuse.
D’accord, son adversaire n’avait rien d’un monstre, tout penaud qu’il était par moments à se recroqueviller sur sa chaise pourtant surélevée, sans oser la regarder en face, comme un enfant pris en faute. Malgré la précaution âprement négociée de ne pas montrer la poignée de mains, on comprenait bien à le voir sur la défensive pourquoi ce premier flic de France ne peut rentrer chez lui sans se faire accompagner de quelques dizaines de fonctionnaires de police pour le protéger. Lui qui, s’adressant aux petits vieux de son électorat, prétend pourtant se faire leur valeureux défenseur !
C’est peu dire qu’ils jouaient à contre-emploi. Pardon pour la trivialité de la remarque mais, dans ce débat, c’est bien elle qui « avait des couilles » !
De quoi faire entrer enfin dans les esprits les plus rétrogrades, ceux des dames éduquées dans la religion de la femme soumise, ceux des beaufs d’avant 68 et des ados arborant leur virilité comme un substitut de personnalité et d’intelligence, que oui, décidément, Ripley est la mieux placée pour les protéger d’Alien !
Quel Alien, direz-vous ? Mais la mondialisation non maîtrisée, pardi ! Les emplois qui s’en vont en Chine, les amis du pouvoir qui filent aux Bahamas avec la caisse en faisant un pied de nez aux salariés sur la paille, les jeunes déboussolés qui, instruits par ces exemples, ne croient plus qu’à la loi du plus fort et à la suprématie du fric…
Les commentateurs n’ont pas fini d’épiloguer sur la séquence de la loi Handiscol. Cela sentait le piège soigneusement concoté par des gourous. Provoquons la sur ce qui lui tient le plus à cœur, calculaient-ils, et nous lui ferons perdre son beau sourire. Pari gagné, mais victoire à la Pyrrhus ! Car, sur ce dossier, elle a montré à la fois son humanité, sa fraicheur, sa capacité à défendre les plus faibles, face à l’hypocrisie et au cynisme de son adversaire. Et sa colère si froide et maîtrisée, colère de louve défendant sa nichée contre les chacals, ne faisait que davantage contraste avec ce que l’on sait des emportements de son adversaire, toujours dictés non par la compassion mais par un ego ombrageux.
La presse du pouvoir se plaira sans doute à seriner la plus grande compétence du candidat de droite en matière économique. Vous parlez d’une compétence ! Pour lui, tous les maux économiques de la France se résument aux 35 heures, quand toutes ses difficultés sociétales découlent de Cohn-Bendit ! Plus simpliste que ça, c’est Casimir président !
Pour résumer sa théorie, la gauche aurait obligé les Français à feignasser et ce serait pour ça qu’ils ne sont pas aussi riches que certains de leurs voisins. Faisons plus d’heures sup’, et nous aurons plus de croissance ! Comme s'il suffisait de vouloir travailler pour avoir du travail ! Ainsi que le notait récemment un journal de la presse économique anglo-saxonne : « si la droite remporte ces élections, elle le devra à l’ignorance des Français pour les questions économiques ». Mais sont-ils vraiment si ignares ?
L’enjeu de ce débat, chacun le dit, était de démontrer aux sceptiques la fameuse stature qui fait le président ou la présidente : l'autorité pour l'une, la maîtrise de soi pour l'autre. Dans ce drôle de combat de boxe, c’est la femme qui a porté les coups les plus rudes, tant de sa droite que de sa gauche, face à un adversaire misant sur son jeu de jambes pour esquiver les coups. Il n’a pas été KO, non. Mais il perdra probablement aux points. 
02 mai 2007
Un mai 68 tranquille
Nous étions 60 000 selon le PS, 55 000 selon la police, 40 000 selon l’AFP.
Pourquoi 40 000 ? Pour une question de parité, pardi ! Ces 40 000 sont le nombre officiel de participants au meeting du candidat de la droite néo-conservatrice : 20 000 sièges dans la salle de Bercy, 20 000 probablement sur les genoux des premiers, quelques centaines dehors, au plus, aux dires des témoins.
Le comptage le plus précis, après tout, c’est peut-être le plus subjectif. Comme celui du journaliste de France Culture ce matin : il y aurait eu « foule » au meeting de Monsieur Sarkozy, « marée humaine » à celui de Madame Royal. Si je ne donne pas le nom de ce journaliste, c’est qu’il reste encore assez de jours avant la victoire de notre candidate pour qu’il ait le temps de se faire virer…
Non, nous ne chipoterons sur les chiffres, fatalement sous-évalués par tout le monde. Comment comptabiliser tous ceux qui, comme nous, pour avoir sous-estimé le pouvoir d’attraction de Ségolène, sont arrivés insuffisamment en avance et se sont trouvés face aux portes, fermées plus d’une heure avant l’heure quand les tribunes et les pelouses eurent fait le plein au-delà du raisonnable (40 000 personnes entassées dans un stade qui en contient 30 000) ? Ceux qui, faute d’être assez agiles pour escalader les hautes grilles, ont dû refluer sur ce boulevard si joliment réhabilité par la commune de Paris, échangeant les potins, quémandant les derniers gadgets de campagne, ne se résignant pas à s’arracher à cette ambiance de kermesse, ou pour tout dire de fête de l’Huma ? Des gens de tous milieux, de toutes ethnies, de tous âges, mais surtout des jeunes, et dans l'air comme un parfum de mai 68 tranquille, ces gens qui se sourient, qui s'interpellent gaiement...
Nous avons pourtant fini par nous en retourner regarder le meeting dans nos foyers, en soirées télé improvisées, qui sur BFM TV, qui sur Internet...
Après tout, voir le sourire épanoui de Ruth El Krief, nouvelle groupie, elle si réticente il y a peu envers notre candidate, cela console en partie de n’avoir pu entrer dans la fête !
Voir surtout s’avancer notre candidate, si frêle et si forte, cette « femme debout » qui a tant appris si vite, cet épicentre de notre séisme, qui porte avec un si beau sourire, sans effort apparent, tant d’espérance de tant de gens !
Mais comment fait-elle pour simplement tenir, cette femme, cet honneur de toutes les femmes ? C’est la question que maintenant tout le monde se pose, à commencer par les plus réticents du départ, celles et ceux qui l’ont toujours sous-estimée, justement (sans oser le dire) parce qu’elle est une femme !
A travers elle, qui à présent écarte les bras en un geste christique et lance des paroles d’amour et de réconciliation, nous avons l’impression d’assister à l’assomption de toutes les femmes. C'est presque "too much", cette dimension quasi religieuse de la politique !
Mais non, rassurez-vous, elle est bien la candidate de la laïcité, bien sûr, et surtout de l’Etat modeste, des pouvoirs restaurés du Parlement, de l’indépendance des contre-pouvoirs, de la démocratie participative et des jurys de citoyens ! Alors, puisque c’est sans danger, pourquoi se priver de la jouissance de cet instant de pur unanimisme ?
Elle dit que nous lui avons beaucoup donné et combien c’est vrai ! Mais combien elle nous a donné elle-même ! Et comme nous avons de la chance d’élire notre président(e) au lieu de nous contenter, comme nombre de nos voisins européens, de désigner la coalition de partis politiques majoritaire dont le chef de la principale formation fera office de premier ministre sous la houlette d'un chef d'etat potiche !
Le général de Gaulle l’a voulu. Le président sortant a dévoyé cette alchimie, rendant le maintien de cette constitution impossible. Suprême paradoxe, celle à qui reviendra la charge de tourner la page aura été, sous ce rapport, la candidate la plus authentiquement gaulliste depuis de Gaulle. Ou depuis un certain François Mitterrand…
Voir l’interview du dernier des gaullistes.






