Orge et Yvette pour Ségolène

Blog du comité désirs d'avenir de l'Orge et de l'Yvette

07 avril 2008

Consultation participative

comment le Congrès du PS peut-il être utile aux Français ?

Chères amies, Chers amis,

Je vous prie de trouver ci-joint l'initiative que nous prenons, en vue du Congrès du Parti socialiste, pour lancer un débat de qualité, utile aux Français. Le texte en a été publié aujourd'hui.

Je compte sur vous pour nous rejoindre et apporter vos idées sur le site qui sera spécialement créé pour vous accueillir. Elles nous permettront d'aboutir à une belle contribution dont nous seront toutes et tous coauteurs.

Amitiés

Ségolène

Dans un monde qui se transforme à vive allure et dans une France où même ceux qui se croyaient à l’abri sont en proie à l’inquiétude, les socialistes doivent répondre à de nouvelles questions.

Aujourd’hui la précarité envahit tout, l’initiative économique est en panne, les inégalités n’ont jamais été aussi insolentes, l’incertitude pèse sur le rôle de la France dans le monde. Nous devons apporter la preuve de l’efficacité de l’action politique et la mettre au service de notre idéal commun.

Nous lançons cette consultation participative dans la cohérence des valeurs bâties pendant la campagne présidentielle et dans la volonté de prolonger les voies tracées par les Forums de la rénovation du PS.

Sachant que les questions bien posées permettent les réponses pertinentes, nous pensons utiles de prendre un temps pour bien formuler les questions à trancher (3), en s’appuyant sur les sources d’inquiétudes des Français (1) et sur nos valeurs (2).

C’est pourquoi ce document propose, sur cette base, de lancer des discussions et de susciter des réactions : vous pouvez modifier ou compléter la formulation des thèmes qui vous sont proposés. Un site Internet sera spécialement ouvert pour cela.

Ce questionnaire est une étape très importante pour structurer le travail de fond qui, enrichi par ces échanges, aboutira à une proposition prenant la forme d’une contribution au Congrès du PS.

La consultation s’adresse aux militants du PS, en lien avec les sympathisants et les forces vives qui attendent beaucoup de nous face aux dégradations de toutes sortes commises par la droite.

L’une des questions majeures autour de laquelle s’organise notre réflexion est la suivante : définir les droits et les devoirs des responsables politiques, de la société et des personnes, de telle sorte que la liberté de réussir sa vie ne soit pas le privilège de quelques uns mais l’ambition garantie à tous.


Premiers coauteurs de ce document : les membres du conseil politique, qui se réunit le mardi autour de Ségolène Royal, les responsables des groupes de travail (par exemple sur la santé), des présidents de régions et élus qui suivent et participent aux réunions. Cette liste est ouverte à toutes celles et tous ceux qui voudraient participer à l'initiative que nous lançons.


Ségolène Royal

François Rebsamen

Vincent Peillon

Jean Louis Bianco

Manuel Valls

Gilles Pargneaux

Delphine Batho

David Assouline

Guillaume Garot

Aurélie Fillipetti

Michel Sapin

Jean-Pierre Mignard

Jean-Jack Queyranne

Jacques Auxiette

Nadjat Belkacem

Pascal Terrasse

Dominique Bertinotti

Michèle Delaunay

Jean Guerard


- Les dix sources d’inquiétude des Français

1.     un capitalisme qui perd la tête ;

2.     la dégradation du niveau de vie ;

3.     les fragmentations et le descenseur social  à l’intérieur ; la perte de compétitivité de la France à l’extérieur ;

4.     l’affaiblissement de la valeur travail et l’exagération de la valeur du capital ;

5.     le trouble qui pèse sur l’identité française, secouée par les peurs de l’autre ;

6.     le doute sur l’efficacité de l’Etat ;

7.     le scepticisme sur la réalité de l’égalité des chances par l’école ;

8.     l’Europe perçue comme indifférente au sort des citoyens ;

9.     les désordres du monde et les interrogations sur la fin de l’hégémonie occidentale ;

10.une planète menacée d’autodestruction.

- Les sept valeurs et objectifs qui nous guident

1.     Le monde a changé. Le socialisme doit changer pour rester fidèle à sa mission.

2.     Le bien-être de tous exige que l’économie de marché et la concurrence ne dictent pas leur loi désordonnée au service d’intérêts particuliers.

3.     La volonté publique et l’Etat organisent la conciliation de l’intérêt général et des préoccupations des gens, notamment à travers les services publics.

4.     La lutte contre toutes les formes d’injustices et de discrimination est au cœur du droit de chacun à la réussite individuelle.

5.     Les socialistes doivent participer à la construction d’un ordre économique, social et écologique juste, au niveau mondial comme au niveau national.

6.     Au niveau national comme au niveau local, le socialisme défend la complémentarité qui unit la démocratie représentative, la démocratie participative et la démocratie sociale.

7.     La laïcité est le fondement de la République et de l’identité française, enrichie par le métissage.

- Les dix questions à trancher

1.     Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l’opposition et un conformisme économique  au pouvoir : de quelle façon ?

2.     Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la richesse ?

3.     Que reprendre des modèles progressistes des autres pays et que rejeter ?

4.     Il faut pousser l’agilité des entreprises, le goût du risque et l’esprit d’entreprendre, tout en améliorant la situation des salariés et leurs sécurités sociales. Avec quel compromis ?

5.     Il faut rééquilibrer le rapport de force entre le travail et le capital par une meilleure répartition du profit. Quels contre-pouvoirs dans l’entreprise ?

6.     Comment rompre avec la redistribution passive et bureaucratique comme principal moyen de s’attaquer aux injustices sociales ?

7.     Comment améliorer le projet européen pour ne pas oublier les intérêts des peuples et des pays ?

8.     Les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient  victimes du protectionnisme. Avec quelles nouvelles règles ?

9.     Les Etats et le marché doivent assurer la sauvegarde écologique de la planète : quel nouveau modèle de développement ?

10.Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ?

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12 décembre 2007

A propos de la visite de Kadhafi : une lettre de Ségolène Royal

Chères amies, chers amis,

Depuis ce matin, pour faire oublier le scandale de la visite de Kadhafi, s’est déclenché un tintamarre avec des annonces de 10 milliards d’euros de contrats : info ou intox ?

Qu’ils soient réels ou pas, rien ne justifie cette visite. Mais il ne faut pas que les français soient, en plus, abusés par la réalité de ces intérêts économiques.

Pourquoi y-a-t-il si peu de transparence, pourquoi si peu de vérification ? Qu’y-a-il de réel dans les 10 milliards de contrats annoncés bruyamment pour étouffer le débat sur les droits de l’homme ?

1. S’agit-il de contrats signés ou de déclarations d’intention ?

2. Quel est le contenu réel de ces contrats ?

3. Combien de délocalisations sont induites par ces contrats ?

4. Quelles sont les garanties en termes de développement d’emploi en France ?

5. La dangerosité de la dissémination du nucléaire a-t-elle été examinée ?

6. Pourquoi n’y a-t-il eu aucun débat à l’assemblée et aucune transparence ?

S’humilier devant Kadhafi, cautionner l’usage du terrorisme, du système de tortures et de disparitions n’est pas digne de la France.

Après les félicitations « chaleureuses » à Vladimir Poutine qui a organisé des élections en muselant toutes les oppositions, voici la réception, en grande pompe et en satisfaisant les extravagances de l’intéressé, du dictateur libyen, le colonel Kadhafi. La France accueille un chef d’Etat qui non seulement a laissé emprisonner et torturer les infirmières bulgares et le médecin palestinien sous la fausse accusation d’avoir inoculé le sida à des enfants, mais qui a financé, pendant des années, le terrorisme international. Personne n’a oublié que les responsabilités des services secrets libyens ont été reconnues par la justice internationale dans l’attentat de Lockerbie en 1988 mais aussi dans celui du DC10 d’UTA en 1989 qui a tué de nombreux Français. C’était aussi le régime libyen qui avait organisé un attentat à Orly en 1983. Quant au peuple libyen, il est la première victime du régime : il n’y a jamais eu d’élections, le colonel Kadhafi est désigné comme dirigeant à vie, et ses opposants n’ont de choix qu’entre la mort et l’exil.

Nicolas Sarkozy, qui annonçait, durant la campagne électorale, une rupture avec la politique étrangère de son prédécesseur (« il vaut mieux serrer la main de Bush que celle de Poutine » avait-il déclaré), en accentue les pires traits jusqu’à la caricature et donne de la France une image à la fois détestable et ridicule. Même si chacun peut s’accorder sur le fait qu’une politique étrangère doit prendre en compte la défense de nos intérêts économiques, et que le monde instable et dangereux dans lequel nous vivons demande que nos dirigeants puissent parler aussi à des personnalités peu respectueuses de la démocratie, il y a des lignes rouges qu’il faut savoir ne pas franchir.

N. Sarkozy nous dit qu’il reçoit le chef d’état libyen parce que celui-ci a renoncé à fabriquer des armes de destruction massive et s’est engagé à lutter contre le terrorisme. Outre que le colonel Kadhafi lui a apporté un cruel démenti en défendant le principe du terrorisme avant de venir à Paris, on constate que seule la France accueille Kadhafi avec de tels honneurs. S’il s’agit de « récompenser » celui-ci d’être revenu à un semblant de respect de la légalité internationale, c’est déjà fait, avec la levée des sanctions qui avaient été prononcées contre la Libye après les deux attentats.

Quant aux fabuleux contrats annoncés par le gouvernement, il faudra en mesurer la réalité. Les entreprises britanniques et italiennes sont mieux placées en Libye que les sociétés françaises. Pourtant, le colonel Kadhafi n’a pas été reçu à Londres ou à Rome. En outre, on peut craindre que ces contrats, outre une hypothétique centrale nucléaire civile, ne portent sur des armements destinés à garantir la survie de la dictature. Personne ne menace la Libye qui n’a donc pas besoin de se défendre contre un agresseur extérieur. En revanche, des hélicoptères servent à mitrailler une foule de manifestants ou à surveiller des déplacements. On peut redouter aussi les risques de revente de toute cette panoplie d’armements à toutes les rébellions de la région en fonction des intérêts du régime libyen. Est-ce de cela dont l’Afrique a besoin ?

Le commerce extérieur français, structurellement déficitaire depuis des années, a lui aussi besoin d’autres mesures : stimulation de l’innovation pour une meilleure insertion dans la compétition internationale, aides adaptées aux PME qui exportent et créent des emplois…

N. Sarkozy est, quant à lui, dans une politique de « coups », qui isole la France de ses partenaires européens. C’est une politique étrangère dénuée de toute morale et de toute cohérence. On est dans le spectacle, un triste spectacle. 

Le débat est ouvert.

Amicalement,

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10 décembre 2007

Grenelle de l'environnement : illusion perdue ?

Tout changer pour que rien ne change. Une fois de plus, c’est la devise du Guépard que l’on risque de devoir appliquer au Grenelle de l’environnement et la déception pourrait être à la hauteur des espoirs que cette grand’messe avait naïvement suscités.

Nous avions là deux ministres dont la sincérité de l’engagement écologique ne saurait être mise en doute. Associant douceur et fermeté, ils avaient réussi l’exploit de rassembler autour de la table paysans bio et exploitants agro-industriels, ONG environnementales et chimistes – un exploit digne de celui d’un Clinton à Camp David.

Hormis les inflexibles de l’anti-nucléaire, tout le monde était là et tout le monde était reparti plutôt content.

Et puis, peu à peu, le mirage s’estompe.

La divinité bagnole ? Elle reste sur son trône. Non content de ne pas imposer aux constructeurs de limitation de vitesse à leurs bolides, non content de ne pas donner de vrais encouragements à la recherche de carburants alternatifs (l’hydrogène, seule vraie solution d’avenir, est toujours interdit en France !), il aura suffi de quelques courriels de mécontents pour que le ministère renonce à abaisser à 120 km/h la vitesse maximale sur autoroute, comme c’est déjà le cas depuis longtemps en Suisse ou dans les pays nordiques. Au lieu de cela, on met en avant la solution contestable des biocarburants, pour la plus grande joie de – devinez qui ? – les céréaliers.

Les OGM ? Une vraie farce ! On suspend leur semence pendant toute la saison où l’on ne sème pas. Dès le retour du printemps, quand il sera temps de semer, on verra revenir hirondelles et OGM.

Les pesticides ? Alors que leur nocivité pour la santé et l'environnement est amplement démontrée, peut-on encore croire à la volonté ministérielle de réduire leur usage? Dans les Antilles, région sinistrée, le président du Cran vient de démissionner de la mission d’enquête que lui avait confié le ministre Borloo, ne supportant plus, selon ses dires, les pressions lui interdisant toute mise en cause du bien nommé chlordécone, ce pesticide ravageur.

Bref, comme en politique étrangère, c’est la Real Politik qui prend très vite le relais après les belles envolées. On préfère la culpabilisation du simple citoyen à la pression sur ceux à qui la dégradation de l'environnement rapporte des fortunes. Et notre prince – président, pas si puissant qu’il n’en a l’air, apparaît de plus en plus comme le représentant de commerce et le chargé de com des bons vieux lobbies industriels, vrais maîtres de la France.

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Rama, Fadela et Nicolas, ou la comédie du pouvoir

Quel paradoxe ! La constitution de 1958, revisitée par notre prince – président, confère un tel pouvoir au chef de l’Etat que le voilà obligé de susciter au sein de son cabinet godillot son opposition virtuelle.

Comme dans le gouvernement de coalition d’une démocratie parlementaire, il a dans son ministère son aile droite, avec un Hortefeux qui surjoue son rôle de méchant, et son aile gauche qui fait part publiquement des ses états d’âme en matière d’expulsions sauvages ou, aujourd’hui, de courbettes envers un chef d’Etat particulièrement infréquentable.

Paradoxe des paradoxes, cette aile gauche ne vient pas de ces éléphanteaux transfuges qui se proclament haut et fort « toujours socialistes », comme si le socialisme moderne devait trouver sa synthèse dialectique dans le sarkozysme. Non, on la trouve chez de frêles jeunes femmes issues de la société civile !

En faisant part publiquement de leurs indignations, que l’on veut croire sincères, loin de s’opposer, elles jouent le rôle prévu pour elles dans la pièce. Face au mutisme de pseudo-socialistes qui découvrent au gouvernement une discipline qu’on aimerait bien voir pratiquer à l’intérieur du PS, il faut bien que ce soit elles, la black et la beurette, qui apportent à ce gouvernement ce supplément d’âme qui lui fait cruellement défaut. Elles sont au gouvernement Fillon ce que la confession précédant la messe du dimanche est au patron voyou. Un moyen commode d’absolution.

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07 décembre 2007

Segolène Royal au Monde : "Il faut capter le meilleur dans tous les courants de pensée"

© LeMonde.fr

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Vous semblez avoir échappé à la dépression post-défaite qui a touché tous les candidats battus au second tour de l'élection présidentielle. Comment avez-vous fait ?

Ségolène Royal - Oui, c'est vrai. J'ai senti cela dès le soir du second tour. Malgré la défaite, je suis restée debout. Je n'ai pas pensé à moi-même, mais à tous les électeurs qui ont été déçus, parfois désespérés de ce résultat. Je me suis dit que, pour eux, Ségolène Royal n'existait pas, c'était la candidate qui était là qui avait incarné quelque chose et qui devait rester forte. Rester forte. D'une certaine façon, la fierté de cette campagne, j'ai continué à la porter après la campagne parce que quelque chose s'est levé, une espérance qui ne s'arrêtera pas.

Votre livre est intitulé "Ma plus belle histoire, c'est vous". C'est une conception romanesque de la politique ?

Non. C'est la traduction de la démarche participative que j'ai engagée. Aujourd'hui, on ne peut pas faire de la politique sans y associer les Français. Même si cette démarche a eu du mal à embrayer sur la seconde étape, celle des propositions, et c'est sans doute un des points faibles de la campagne. Mais, plus que jamais, la politique est une belle histoire dont les citoyens sont les premiers acteurs.

Le mot subliminal de votre titre, c'est le mot amour. On imagine déjà vos détracteurs s'agacer de voir à nouveau la ferveur qui a entouré votre campagne l'emporter sur la rationalité politique...

Tant mieux. La rationalité est largement répartie, la ferveur, ça n'est pas donné à tout le monde. Je crois que c'était un atout... Regardez ce qui se passe aujourd'hui en France, les gens ne s'aiment pas. Il y a une forme d'exercice du pouvoir qui consiste à rendre jaloux les uns des autres, à les dresser les uns contre les autres, ceux qui ont droit aux heures supplémentaires et ceux qui n'y ont pas droit, ceux qui sont méritants et ceux qui ne le sont pas, ceux qui se lèvent tôt et ceux qui travaillent tard... J'avais dit dans ma campagne que cela aiguiserait les tensions et les violences. C'est bien ce qui est en train de se passer, en particulier dans les banlieues, où rien n'a été fait depuis l'élection présidentielle.

Quelles sont, à vos yeux, les principales causes de votre défaite ?

Le manque de discipline, au bon sens du terme. Le manque de discipline dans mon camp, alors que j'avais été désignée par 60 % des adhérents. Cette règle commune aurait dû s'imposer à tous. Le manque de discipline aussi dans l'adhésion aux idées neuves que j'ai portées, d'évolutions profondes de la société française que j'avais comprises. Non pas moi toute seule, mais en écoutant les forces démocratiques, les experts, les sociologues, avec aussi mon expérience d'élue depuis plus de vingt ans. Je voyais bien les choses monter dans le pays. La démocratie participative nous a beaucoup appris sur un certain nombre de réalités qui n'ont pas suffisamment été prises en compte dans la campagne parce qu'elles heurtaient un certain nombre de dogmes socialistes. En particulier la question centrale selon laquelle la gauche, aujourd'hui, a la responsabilité de mettre en place les sécurités collectives qui permettent les choix individuels et les réussites individuelles. La gauche a toujours eu du mal à faire cette réconciliation. Et plus que jamais, c'est la gauche qui peut le permettre. C'est en sécurisant les gens, en luttant contre toutes les formes de désordre qu'on permet ensuite à un pays de se projeter dans l'avenir et aux citoyens de prendre des risques, et donc d'être créatifs et de relancer la croissance économique.

Vous n'aviez donc pas, et le PS non plus, une vision claire de l'état de la France, de ses attentes ?

Globalement, il y a eu peut-être un manque d'attention apportée aux mutations. Il y a eu aussi des synthèses un peu artificielles lors des congrès du Parti socialiste, parfois la crainte de trancher un certain nombre de questions qui fâchaient, le traumatisme lié au référendum européen qui avait divisé les socialistes. Bref, une certaine frilosité pour aborder des questions sur lesquelles nous n'étions pas forcément d'accord, mais qui, avec un travail approfondi, auraient permis de faire émerger des choix collectifs. Je pense à la question de l'identité nationale, aux questions liées à la sécurité, au débat sur la liberté de choix de l'école par les familles, à la question de la valeur travail. Autant de valeurs fondamentales que les socialistes ont trop longtemps laissées à la droite. Ce travail a été entamé pendant la campagne présidentielle. Nous devons le poursuivre.

La difficulté d'être femme en politique, à ce niveau, reste-t-elle l'une des explications centrales des réticences à l'égard de votre candidature ?

Oui, c'était une révolution. Il y a eu un procès lancinant en incompétence. C'est typiquement le procès que l'on fait aux femmes. En clair, il y a en politique des sujets de filles et des sujets de garçons. Les sujets de filles sont forcément secondaires : l'éducation, l'environnement, le social, le handicap, la famille. Tout ce qui passionne les Français et qui fait l'essentiel de leur vie quotidienne, car ce sont les domaines où ils mesurent le progrès social dont ils peuvent bénéficier. Et puis vous avez les sujets de garçons : l'économie et l'international. Forcément, une fille est incompétente sur les sujets de garçons. Eh bien, je revendique le fait que ces sujets de garçons - l'économie et l'international - sont des sujets très importants, dans lesquels j'ai aussi une compétence, sans doute à améliorer, ce à quoi je m'emploie. Car l'économie et l'international sont quand même au service du progrès social, du progrès éducatif, de la lutte contre les inégalités, de la remise en avant du facteur humain. Je revendique le droit pour les femmes à avoir cette double compétence, même si - je n'en disconviens pas - sur un certain nombre de sujets, comme les retraites ou le financement de la Sécurité sociale, je n'avais pas toutes les réponses.

Vous avez manqué de temps ?

Bien sûr. L'année qui a été prise pour le combat interne au Parti socialiste a manqué pour se rassembler au sein du Parti socialiste, pour commencer les convergences avec les autres forces de gauche démocratiques et de progrès dans le pays. Et aussi pour recaler un programme présidentiel à partir du projet du Parti socialiste.

En quoi cette campagne a-t-elle modifié votre analyse de la situation du pays ?

Je retiendrai surtout, au contact des centaines de milliers de Français, leur soif démocratique. Les Français veulent profondément que le pays se réforme, bouge. On dit, à tort, que les Français n'aiment pas les réformes. En réalité, ils veulent en comprendre la cohérence et avoir la garantie de la justice de ces réformes. Ce qui m'a frappé, c'est le sentiment d'un immense gaspillage de talents, d'énergie et d'imagination. Nous sommes dans une société qui n'est pas mise en mouvement et les choses s'aggravent aujourd'hui avec ce pouvoir personnel qui pense qu'il peut concevoir tout seul ce qui est bon pour la société. Je crois, au contraire, qu'un Etat et les pouvoirs publics sont là pour faire levier dans la société et mettre ses forces en mouvement.

Votre livre en témoigne : le désir d'avenir de Ségolène Royal est intact...

J'ai fait cet exercice qui n'était pas facile : faire le bilan de la campagne. Je veux que les leçons soient tirées pour les prochaines échéances, quel que soit le candidat. Ma détermination est totale, forte, passionnée, à m'engager dans ce qu'il est convenu d'appeler la rénovation de la gauche. Forte de cette expérience que je viens de vivre, je serai, d'une façon ou d'une autre, au premier rang de cette bataille et de cet effort.

Faut-il, pour gagner, que le PS change de nature, de projet, de fonctionnement ?

Il faut que le parti devienne attractif, qu'il attire de nouveau vers lui les mouvements, les forces intellectuelles et sociales du pays. Nous devrons réussir à accomplir un dépassement de nous-mêmes et faire en sorte que les autres forces de gauche, y compris les forces de centre et de centre gauche, viennent vers nous. Je conçois les alliances futures non pas comme des alliances entre appareils, je ne conçois pas la rénovation et la modernisation du PS comme un dérapage vers la droite ou vers je ne sais quelle social-démocratie...

Le mot vous paraît obsolète ?

Oui, obsolète et très connoté comme un déplacement à droite, comme s'il y avait une gauche inefficace et une gauche efficace qui serait plus à droite que celle qui est plus à gauche. Je ne crois pas du tout à cela. Je pense qu'il faut capter le meilleur dans tous les courants de pensée. On a beaucoup parlé de la main tendue à François Bayrou. C'est oublier que j'avais aussi confié une mission à José Bové sur la réforme de l'aide au développement. L'altermondialisme doit converger vers nous. Quant à l'extrême gauche, sa radicalité est nécessaire sur certains sujets, mais pas tous. Dans d'autres domaines, au contraire, il va falloir nouer des compromis sociaux pour que les réformes se fassent sans que les lois du libéralisme sauvage l'emportent.

Sur quel sujet la radicalité est-elle la bonne réponse ?

Pour la défense de la protection sociale et dans la lutte contre les franchises médicales. Nous ne devons absolument pas laisser faire le démantèlement de la protection sociale. Il faut également défendre de manière radicale les services publics, leur raison d'être, leur gratuité. Il en est de même pour résoudre le problème des banlieues et vraiment mettre en mouvement cette France métissée que j'ai évoquée et qui, parfois, a été mal comprise par un certain nombre de Français qui ont eu peur pour l'identité nationale.

Vous sentez-vous plus proche des idées de François Bayrou ou de celles d'Olivier Besancenot ?

Je ne fais pas de choix. C'est un dépassement dans le respect des identités de chacun de ces mouvements politiques. Le Parti socialiste peut redevenir une force centrale qui s'assume en tant que force centrale à gauche, capable d'associer ces différents courants. Je me reconnais dans les propos de François Bayrou sur l'impartialité de l'Etat et sur la droite, mais pas quand il en rabat sur la question des services publics. Je me reconnais dans Olivier Besancenot quand il demande la radicalité sur un certain nombre de sujets, mais pas quand il dit qu'il faut un mouvement social sur tous les sujets.

Avez-vous l'intention de prendre la direction du PS ?

Je vous confirme ma principale motivation : prendre, aujourd'hui, toute ma place au premier rang - mais il y a plusieurs personnes sur un premier rang. Tout ce qui a été débattu durant la campagne est une base extrêmement riche à partir de laquelle nous devons continuer à travailler. Ensuite, on verra le moment venu. Mais je ne veux pas que les socialistes restent sur cette défaite.

Ni vous ?

Ni moi. Je pense que nous sommes plus capables que la droite d'accompagner la mutation du monde et de réformer la société française sans brutalité. On peut faire l'alliance entre les générations. L'un de mes plus profonds regrets dans ce résultat, c'est de ne pas avoir su convaincre les personnes âgées. Je suis convaincue que la France ne peut avancer que si nous arrivons à réconcilier les générations. Ce travail au long cours auprès de nos anciens, j'ai bien l'intention de le conduire et de le gagner.

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03 décembre 2007

A propos du prétendu « lobby juif » et du très réel lobby ultrasioniste

Non, Monsieur le ministre des affaires étrangères d’Algérie, il n’y a pas de lobby juif.

Employer cette expression scandaleuse, c’est mettre « dans le même sac » tous les Juifs, oubliant au passage que des Juifs sont le fer de lance du combat pour les droits du peuple palestinien en France et dans d’autres pays, à commencer par Israël.

C’est oublier que, même parmi les Juifs sionistes, un grand nombre, probablement la très large majorité, ont une vision équilibrée d’un « ordre juste » au Proche Orient. Conscients qu’aucune paix durable ne peut se fonder sur la spoliation de tout un peuple. Il suffit pour s'en convaincre de lire ce qu’écrivent un Jean Daniel ou un Elie Barnavi dans le « Nouvel Obs’ » de cette semaine.

Mais il existe bel et bien un lobby ultrasioniste, qui pèse de tout son poids dans la politique américaine et a puissamment contribué à l’aventureuse guerre d’Irak.

Il pèse aussi sur la politique française.

Cette section française du lobby s’appelle le CRIF. Elle a appelé à voter Sarkozy. Et si l’on en croit le Canard Enchaîné (15 mai 2007), le CRIF aurait été assez bien en cour pour choisir notre ministre des affaires étrangères.

Dangereuse dérive, du point de vue du sionisme lui-même ! Le CRIF d’aujourd’hui fait peu de cas du bon sens et de la modération de son précédent président, le professeur Théo Klein. A force de jusqu’au-boutisme, il n’œuvre pas vraiment pour la paix dont Israël, comme toutes les nations du monde, a un impérieux besoin.

Posté par GULLIVER à 10:12 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le plus dictateur des deux…

Que n’a-t-on pas lu, que n’a-t-on entendu sur cet effroyable dictateur sud-américain qui, non content de braver le grand frère états-unien, ose redistribuer la plus-value pétrolière au (n’ayons pas peur des gros mots) peuple, au lieu de la partager comme font les autres entre les entreprises multinationales, son oligarchie et son compte en Suisse.

Dictateur, il s’en prenait même à sa télévision d’opposition, rêvant sans doute de disposer de médias aux ordres comme son homologue hexagonal.

Et puis, abus de pouvoir suprême, ne voilà-t-il pas que ce dictateur voulait supprimer toute limitation au nombre de ses mandats, bref disposer du même droit de se représenter indéfiniment qu’un président français ?

Il voulait aussi, comme dans la constitution gaulliste, pouvoir disposer de pouvoirs exceptionnels en cas de crise, avoir en quelque sorte ses Guantanamos, ce qui, reconnaissons-le, n’était guère rassurant. Mais souvenons-nous de ce que la CIA a fait à l’Amérique latine, de la façon dont elle a renversé les régimes démocratiques presque partout dans le continent, dès que les intérêts d’un de ses trusts semblaient menacés, et l’on comprendra mieux la fascination exercée par le fort peu démocratique Castro qui lui, au moins, a su tenir tête à l’empire.

Aujourd’hui, Chavez a perdu son referendum constitutionnel. Comme un vulgaire Chirac. Et c’est tant mieux.

Mais vous en connaissez beaucoup, vous, des dictateurs qui perdent leurs referendums ? Regardez plutôt ce qui se passe dans la grande démocratie russe bouffeuse de Tchétchènes. Regardez ces beaux émirats pétroliers, cette Arabie saoudite où l’on a récemment condamné une femme à se faire fouetter pour la punir de s’être fait violer. Regardez cette Chine qui oppresse le Tibet. Rien que des Etats amis où l’on peut faire de bonnes affaires.

Aujourd’hui, nous nous réveillons avec un Venezuela où les pouvoirs présidentiels restent limités, citoyens d’une France où les pouvoirs présidentiels semblent de plus en plus illimités. Et qui n’a pas de pétrole. Alors, avant d’insulter Chavez, si nous balayons devant notre porte ?

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02 décembre 2007

"Ce que j'ai à vous dire", par Ségolène Royal

maplusbellehistoireEnfin ! Après toute cette cacophonie éditoriale, ces paroles fielleuses, ce concert dissonnant de yakafokon, et après les petites musiques instructives de Patrick Menucci, François Rebsamen et Julien Dray, plus douces à nos oreilles, Ségolène s'exprime. Son témoignage est attendu en début de semaine prochaine. A en juger par le libellé des chapitres et sous-chapitres, notre candidate n'a en tous cas pas perdu son sens de l'humour. Tant mieux...

Assommés par une défaite aussi manifestement imméritée, nous avions bien besoin qu'elle nous "requinque".

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Je dois cette réflexion à toutes celles et à tous ceux qui m’ont fait confiance, dont j’ai porté les espoirs et qui ont souffert de la défaite. Mais aussi à tous les autres qui ont glissé dans l’urne un autre bulletin que le mien . C’est aussi une façon de se tourner résolument vers l’avenir avec une détermination retrouvée. Sans nostalgie mais sans oubli.

Cette histoire que nous avons vécue ensemble ne m’appartient pas. Elle est inscrite désormais dans l’histoire de notre pays, elle appartient à tous les Français qui l’ont écrite, c’est-à-dire non seulement aux dix-sept millions d’électeurs qui ont espéré ma victoire mais aussi à tous les autres qui ont participé à ce formidable instant démocratique. J’en veux pour preuve l’exceptionnelle participation électorale dans un contexte de doute profond à l’égard de la politique.

Je crois qu’il était nécessaire – et cela m’a été demandé, d’ailleurs, de toutes parts – de tirer des leçons pour l’avenir, de transmettre ce que j’ai compris du pays pendant cette période.

Je crois que livrer cette réflexion peut servir à ceux qui gouvernent comme à ceux qui s’opposent – à ceux qui ont des certitudes comme à ceux qui n’en ont pas.

Il y a eu au cours de cette campagne une mobilisation inouïe des Français, des débats intenses dans tout le pays, y compris sur les l ieux de travail, devan t les distributeurs à café, au coeur des familles toutes générations confondues, dans les cours de récréation, etc. Finalement, une forme de réhabilitation du débat public. Des milliers d’interrogations ont été posées, des questions simples et d’autres complexes, et même des sujets qui cherchent aujourd’hui encore leur réponse : la juste répartition des richesses, les effets de la mondialisation, la valeur du travail, la nation, le vivre ensemble, l’avenir de la France, et bien d’autres. L’exercice auquel je me livre aujourd’hui répond, bien sûr, à une démarche personnelle puisque je donnerai mon éclairage, mon point de vue. Il n’a pas vocation à être totalement exhaustif mais c’est un témoignage fait de franchise, d’honnêteté, de probité. Mais je le conçois, aussi, comme une contribution à la construction des victoires f utures de la gauche au service de la réussite du pays. On me dira que je suis juge et partie ? Non, car ce n’est pas moi qui rends le verdict.  




Tables des matières 

I - Ce que j'ai à vous dire 

- Pourquoi ce récit ?

- Je ne suis ni Jeanne d'Arc ni la Vierge Marie
- Peuple de France

- Résilience

II - Le parcours de la combattante 

- Scène de campagne : Michel Rocard, visiteur de l'après-midi

- Une femme debout (« Roun fanm dibout », comme on m'a dit outre-mer)

- L'amertume des éléphants

- La montée en puissance

- Thomas et la ségosphère

- Second tour : La défaite

- Les difficultés avec la presse

- Histoire véridique des bourdes qui n'en étaient pas

- Jurys citoyens : je persiste et je signe

- Nucléaire iranien : l'incompétence des compétents

- Liban : l'intox monte d'un cran

- Bravitude et chinoiseries

- Lauriers à la Justice chinoise ? L'infâme contrevérité

- Guadeloupe : elle veut casser la République

- Le débat interne : fausse bonne idée et vraie répétition générale

- La paille et la poutre

- Sur la politique étrangère : deux poids, deux mesures
- La cohérence des valeurs

- Galerie de portraits

- Scène de campagne : les embarras de François Bayrou
- Les Gracques 40

III - La machine de l'adversaire : l'argent, les médias et les sondages 

- Premières alertes

- La technique du vacarme
- « Fleur de bouse »

- Avec cette élection, un seuil a été franchi

- Trappage à La Tribune

- Censure à Métrobus

- Quimperlé : cachez ce fonds que je ne saurais voir

- Elle perd ses nerfs

- C'est pas moi, c'est les juges !

- L'avènement du « clefs en main »

- Amis et patrons de presse : le verrouillage médiatique

- Présomption d'uniformité

- Un net penchant pour l'immixtion

- Des livres qui dérangent

- Sondage, mon beau sondage

- Sondages encore : ni addiction, ni diabolisation

- Sondages, fin : le poids des écarts

- Pas hors jeu : dans le jeu !

- Quand les réponses sont dans les questions

- Un vrai travail de pro

- On n'est jamais si bien servi que par les siens

IV - L'autre moitié du ciel : candidate mais femme 

- Être une femme candidate, c'est pas si facile

- L'intruse

- Du genre en politique

- Je ne suis pas macho : ma femme est féministe !

- Talons aiguilles

- Big Mother et les dames sécateurs

- Par le coeur et la raison, civiliser l'avenir

- Rien ne sera plus comme avant

- D'un plafond de verre, l’autre

- Une République inachevée

- Caissières en sursis

- Précarité : les femmes d’abord

- Travailler plus pour gagner moins

- Déverrouiller, c’est possible

- Osons la mixité dans nos têtes !

- Le cumul des mandats contre la parité

- Un combat émancipateur de tous

- Le vote des femmes en 2007

- Ma femme me harcèle pour que je te soutienne !

- La proximité

- Effet de genre ou effet de génération ?

- Les comportements électoraux se rapprochent

- Parité pour les unes, transgression pour les autres

- Des électorats féminins contrastés

- Pas de survote féminin

- Elles ont poussé les premières portes

- Qui doit changer : le pouvoir ou les femmes ?

V - Dernières réponses pour tourner la page et regarder l'horizon 

- Chapeau les hommes !

- Elle l'a fait quand même ?

- Le procès en illégitimité ?

- Dompteuse d'éléphants ?
- Garde-moi de mes ennemis, je me charge de mes amis

- Sur un air d'improvisation

- Tout a commencé sur une phrase

- Mes combats de toujours

- La prochaine fois

- La démocratie participative ?

- Une étrange défaite

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17 septembre 2007

Obscènes

C’est le seul mot qui vient à l’esprit pour désigner ces ralliements en cascade d’hommes « de gauche » (tiens, vous avez remarqué, rien que des hommes…), comme s’ils avaient succombé moins à une fringale de pouvoir qu’à un grand syndrome de Stockholm. Tous assurent qu’ils restent de gauche et tous ont les yeux de Chimène pour le grand bateleur qui nous dirige. Simplement parce que c'est le chef.

Obscènes encore, ces livres politiques de la rentrée, jeux de massacre qui ne déconsidèrent que leurs auteurs en donnant d’eux une image aigrie, mesquine et passéiste. Vae victis. Mais bon, il paraît que cela fait vendre…

Complaisants envers le vainqueur, impitoyables pour qui a été battu, fût-ce avec les honneurs, la France a déjà connu ce type de mentalité dans le passé.

Au moins, maintenant, les choses sont claires, et les militants savent à quoi s'en tenir sur un certain nombre de leurs dirigeants. Quant à nous, « laissons les morts enterrer les morts ». Le message, la démarche de Ségolène sont plus que jamais d’actualité et, quand on parle de refonder le parti, il n’est pas besoin d’aller chercher bien loin pour savoir sur quelles bases doit s'inventer le socialisme du 21ème siècle. Ecoutons le discours de la Rochelle, par exemple. C’est comme d’ouvrir en grand une fenêtre pour chasser les mauvaises odeurs…

Posté par GULLIVER à 17:16 - poil à gratter - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 juin 2007

Le PS est mort, vive le PS !

P1000747Nous étions 800 (selon l’AFP) dans ce gymnase des Blancs Manteaux, à l’invitation du Comité Désirs d’Avenir de Paris, venus en ces temps difficiles avec le ferme espoir de relancer une machine à gagner au cœur d’un PS plus immobiliste et plus divisé que jamais, à ce qu’on dit. Il y avait même, très applaudi, un membre du MODEM fort désireux que son mouvement rompe enfin avec un ni-ni stérile…

Certains, ceux qui en « bavent » le plus dans leur section, étaient venus avec l’espoir qu’on leur délivre enfin un visa pour la terre promise : un parti 100% ségoléniste, où l’on se retrouverait entre soi, dans l’enthousiasme partagé.

P1000715Mauvaise idée, bien sûr. Alors que la gauche a besoin de s’unir, est-ce le moment d’ajouter la division à la division ?

Alors que l’opinion de gauche, et surtout celle des militants PS, nous reste très largement favorable, devrions-nous partir battus et abandonner le terrain sans combattre aux nostalgiques de la social-démocratie des années 60, morte et enterrée, ou de l’union de la gauche façon 1981 ?

P1000717Et ne devons-nous pas nous méfier de notre propre enthousiasme ? Regroupés entre nous, toute voix discordante bannie, ne risquons-nous pas de confondre parti et « fan club » et de réinventer sous nos cieux tempérés une forme de ce que Chavez a porté à la perfection dans son émirat : l’association d’une démocratie directe à la base avec le culte du chef ?

La gauche du XXIème siècle, ce n’est pas cela.

P1000720Et puis, tout n’est pas si noir dans le parti socialiste ! Durant cette campagne, combien de fabiusiens, de strauss-kahniens, de jospiniens, de mélenchonistes, de tartempioniens de tout poil, n’ont-ils pas « mouillé la chemise » et défendu nos couleurs communes avec loyauté, sans états d’âme. A-t-on pensé à les en remercier ?

Combien de sections où le débat s’est déroulé de façon constructive, approfo