Orge et Yvette pour Ségolène

Blog du comité désirs d'avenir de l'Orge et de l'Yvette

08 juillet 2008

La tactique du pickpocket (à propos d'une polémique bête en cours)

pickpocket_introSur le rouleau compresseur de la machine médiatique de propagande au service de l’UMP, Daniel Schneidermann a dit l’essentiel avec son immense talent.

Ce que nous retiendrons en premier, c’est le buzz, la propagande dans la propagande, monté contre Ségolène Royal comme aux plus beaux jours de la campagne présidentielle. Que lui reproche-t-on ? De ne pas s’être écriée, comme le « journaliste » le lui demandait : « Bravo et merci Monsieur Sarkozy ».

Ségolène Royal s’en est expliquée. Le parti socialiste, pour sa part, a réagi comme il convient.

Alors, pourquoi cette polémique indigne, ce matraquage pesamment orchestré ? N’est-ce pas une nouvelle illustration de la stratégie sarkozienne du détournement d’attention ? Tel est l’opinion émise par Le Post.

Comme un prestidigitateur, ou plutôt comme un pickpocket, notre prince président nous fait regarder à gauche pendant qu’il pique notre portefeuille à droite. Il a tant de choses à dissimuler ! Par exemple :

-          La gaffe de Fillon au Québec, nouvelle affaire du « vive le Québec libre », une « grave entorse au protocole diplomatique » selon un journal canadien. Tiens, c’est curieux, nos médias hertziens n’en ont rien dit…

-          Le mauvais sondage du Figaro : notre prince – président perd encore quatre points et les deux – tiers des Français ne lui font pas confiance.

Le costume de Sarkoman qu’il essaie d’endosser suffira-t-il à faire oublier les promesses non tenues et les atteintes aux droits sociaux et aux libertés publiques ?

Même les étranges lucarnes n’ont peut-être pas un pouvoir hypnotique suffisant…

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02 juillet 2008

J'aime bien mes moutons, j'aime bien mes dindons

puce_mouton(infographie : alterinfo.net)

Camarades élu(e)s, cette fois, c’est officiel : nous sommes ou allons être fichés ! Dès le collège. C’est écrit dans le journal.

« Le décret officialisant la création d'Edvige précise que les "données à caractère personnel" concernant "des personnes physiques âgées de 13 ans et plus" seront collectées sur des "individus, groupes, organisations et personnes morales (...) susceptibles de porter atteinte à l'ordre public", ainsi que sur des personnes "ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique", ou jouant un "rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif". Les données peuvent concerner l'état civil, l'adresse, les numéros de téléphone et adresses électroniques, voire les "signes physiques particuliers et objectifs" et "le comportement". »

Certes, la méthode reste un peu rustique et l’on peut compter sur nos RG pour mettre du temps à égaler la fantastique puissance du modèle américain : la NSA.

Mais ne boudons pas notre plaisir. Ce n’est qu’un début. La vraie efficacité dans la prévention de la délinquance et du mauvais esprit ne sera atteinte que du jour où l’on nous aura implanté une puce d’identification avec GPS et WiFi intégrés. C’est indolore, même si cela gratte un peu début, comme toutes les puces.

Il y a eu le siècle des lumières. Bienvenue dans le siècle de la transparence... Enfin, sauf pour nos dirigeants.

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16 juin 2008

Un éléphant, ça trompe...

babarDans le traité de Lisbonne, certains ne voient qu’un nouvel avatar du rouleau compresseur ultra-libéral. Pour eux, voter « oui » reviendrait à préciser à quelle sauce nous voulons être mangés.

D’autres voient une (modeste) avancée vers l’Europe puissance, mariant politiques économiques, diplomatie coordonnée, contrôle parlementaire sur les décisions, harmonisation sociale et fiscale, que nous appelons de nos vœux.

Nous sommes comme les aveugles de la fable face à un éléphant : certains tâtent les pattes et disent « Ce sont les colonnes d’un temple », d’autres s’emparent de la trompe et s’écrient « Au secours, c’est un serpent ».

Ce n’est ni l’un, ni l’autre. Juste 3000 pages de texte jargonnant dont le seul but est de faire bouger un peu l’éléphant. Pas assez pour se protéger du tigre (asiatique) mais pas assez non plus pour nous écraser les pieds.

La seule chose de sûre, c’est qu’avec le non irlandais, les partisans d’une Europe minimale, réduite à une zone de libre échange, ont marqué un point. Le dumping fiscal et social va pouvoir continuer…

Pour une analyse plus sérieuse de ce qu’aurait pu changer la ratification du traité, voir le blog Lozère socialiste.

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10 décembre 2007

Grenelle de l'environnement : illusion perdue ?

Tout changer pour que rien ne change. Une fois de plus, c’est la devise du Guépard que l’on risque de devoir appliquer au Grenelle de l’environnement et la déception pourrait être à la hauteur des espoirs que cette grand’messe avait naïvement suscités.

Nous avions là deux ministres dont la sincérité de l’engagement écologique ne saurait être mise en doute. Associant douceur et fermeté, ils avaient réussi l’exploit de rassembler autour de la table paysans bio et exploitants agro-industriels, ONG environnementales et chimistes – un exploit digne de celui d’un Clinton à Camp David.

Hormis les inflexibles de l’anti-nucléaire, tout le monde était là et tout le monde était reparti plutôt content.

Et puis, peu à peu, le mirage s’estompe.

La divinité bagnole ? Elle reste sur son trône. Non content de ne pas imposer aux constructeurs de limitation de vitesse à leurs bolides, non content de ne pas donner de vrais encouragements à la recherche de carburants alternatifs (l’hydrogène, seule vraie solution d’avenir, est toujours interdit en France !), il aura suffi de quelques courriels de mécontents pour que le ministère renonce à abaisser à 120 km/h la vitesse maximale sur autoroute, comme c’est déjà le cas depuis longtemps en Suisse ou dans les pays nordiques. Au lieu de cela, on met en avant la solution contestable des biocarburants, pour la plus grande joie de – devinez qui ? – les céréaliers.

Les OGM ? Une vraie farce ! On suspend leur semence pendant toute la saison où l’on ne sème pas. Dès le retour du printemps, quand il sera temps de semer, on verra revenir hirondelles et OGM.

Les pesticides ? Alors que leur nocivité pour la santé et l'environnement est amplement démontrée, peut-on encore croire à la volonté ministérielle de réduire leur usage? Dans les Antilles, région sinistrée, le président du Cran vient de démissionner de la mission d’enquête que lui avait confié le ministre Borloo, ne supportant plus, selon ses dires, les pressions lui interdisant toute mise en cause du bien nommé chlordécone, ce pesticide ravageur.

Bref, comme en politique étrangère, c’est la Real Politik qui prend très vite le relais après les belles envolées. On préfère la culpabilisation du simple citoyen à la pression sur ceux à qui la dégradation de l'environnement rapporte des fortunes. Et notre prince – président, pas si puissant qu’il n’en a l’air, apparaît de plus en plus comme le représentant de commerce et le chargé de com des bons vieux lobbies industriels, vrais maîtres de la France.

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Rama, Fadela et Nicolas, ou la comédie du pouvoir

Quel paradoxe ! La constitution de 1958, revisitée par notre prince – président, confère un tel pouvoir au chef de l’Etat que le voilà obligé de susciter au sein de son cabinet godillot son opposition virtuelle.

Comme dans le gouvernement de coalition d’une démocratie parlementaire, il a dans son ministère son aile droite, avec un Hortefeux qui surjoue son rôle de méchant, et son aile gauche qui fait part publiquement des ses états d’âme en matière d’expulsions sauvages ou, aujourd’hui, de courbettes envers un chef d’Etat particulièrement infréquentable.

Paradoxe des paradoxes, cette aile gauche ne vient pas de ces éléphanteaux transfuges qui se proclament haut et fort « toujours socialistes », comme si le socialisme moderne devait trouver sa synthèse dialectique dans le sarkozysme. Non, on la trouve chez de frêles jeunes femmes issues de la société civile !

En faisant part publiquement de leurs indignations, que l’on veut croire sincères, loin de s’opposer, elles jouent le rôle prévu pour elles dans la pièce. Face au mutisme de pseudo-socialistes qui découvrent au gouvernement une discipline qu’on aimerait bien voir pratiquer à l’intérieur du PS, il faut bien que ce soit elles, la black et la beurette, qui apportent à ce gouvernement ce supplément d’âme qui lui fait cruellement défaut. Elles sont au gouvernement Fillon ce que la confession précédant la messe du dimanche est au patron voyou. Un moyen commode d’absolution.

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03 décembre 2007

Le plus dictateur des deux…

Que n’a-t-on pas lu, que n’a-t-on entendu sur cet effroyable dictateur sud-américain qui, non content de braver le grand frère états-unien, ose redistribuer la plus-value pétrolière au (n’ayons pas peur des gros mots) peuple, au lieu de la partager comme font les autres entre les entreprises multinationales, son oligarchie et son compte en Suisse.

Dictateur, il s’en prenait même à sa télévision d’opposition, rêvant sans doute de disposer de médias aux ordres comme son homologue hexagonal.

Et puis, abus de pouvoir suprême, ne voilà-t-il pas que ce dictateur voulait supprimer toute limitation au nombre de ses mandats, bref disposer du même droit de se représenter indéfiniment qu’un président français ?

Il voulait aussi, comme dans la constitution gaulliste, pouvoir disposer de pouvoirs exceptionnels en cas de crise, avoir en quelque sorte ses Guantanamos, ce qui, reconnaissons-le, n’était guère rassurant. Mais souvenons-nous de ce que la CIA a fait à l’Amérique latine, de la façon dont elle a renversé les régimes démocratiques presque partout dans le continent, dès que les intérêts d’un de ses trusts semblaient menacés, et l’on comprendra mieux la fascination exercée par le fort peu démocratique Castro qui lui, au moins, a su tenir tête à l’empire.

Aujourd’hui, Chavez a perdu son referendum constitutionnel. Comme un vulgaire Chirac. Et c’est tant mieux.

Mais vous en connaissez beaucoup, vous, des dictateurs qui perdent leurs referendums ? Regardez plutôt ce qui se passe dans la grande démocratie russe bouffeuse de Tchétchènes. Regardez ces beaux émirats pétroliers, cette Arabie saoudite où l’on a récemment condamné une femme à se faire fouetter pour la punir de s’être fait violer. Regardez cette Chine qui oppresse le Tibet. Rien que des Etats amis où l’on peut faire de bonnes affaires.

Aujourd’hui, nous nous réveillons avec un Venezuela où les pouvoirs présidentiels restent limités, citoyens d’une France où les pouvoirs présidentiels semblent de plus en plus illimités. Et qui n’a pas de pétrole. Alors, avant d’insulter Chavez, si nous balayons devant notre porte ?

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17 septembre 2007

Obscènes

C’est le seul mot qui vient à l’esprit pour désigner ces ralliements en cascade d’hommes « de gauche » (tiens, vous avez remarqué, rien que des hommes…), comme s’ils avaient succombé moins à une fringale de pouvoir qu’à un grand syndrome de Stockholm. Tous assurent qu’ils restent de gauche et tous ont les yeux de Chimène pour le grand bateleur qui nous dirige. Simplement parce que c'est le chef.

Obscènes encore, ces livres politiques de la rentrée, jeux de massacre qui ne déconsidèrent que leurs auteurs en donnant d’eux une image aigrie, mesquine et passéiste. Vae victis. Mais bon, il paraît que cela fait vendre…

Complaisants envers le vainqueur, impitoyables pour qui a été battu, fût-ce avec les honneurs, la France a déjà connu ce type de mentalité dans le passé.

Au moins, maintenant, les choses sont claires, et les militants savent à quoi s'en tenir sur un certain nombre de leurs dirigeants. Quant à nous, « laissons les morts enterrer les morts ». Le message, la démarche de Ségolène sont plus que jamais d’actualité et, quand on parle de refonder le parti, il n’est pas besoin d’aller chercher bien loin pour savoir sur quelles bases doit s'inventer le socialisme du 21ème siècle. Ecoutons le discours de la Rochelle, par exemple. C’est comme d’ouvrir en grand une fenêtre pour chasser les mauvaises odeurs…

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12 juin 2007

Novlangue

Et voici le grand suspense de la semaine : les Français seront-ils assez idiots pour donner une majorité écrasante à un pouvoir qui n’a même pas la patience d’attendre les résultats du second tour pour les tondre ?

Voici venir le temps des oxymores. Après la rupture tranquille, la novlangue du Prince-Président vient d’inventer la TVA sociale. En attendant le chômage de plein emploi, les inégalités justes, la liberté contrainte, l’insécurité confiante et, pourquoi pas, la dette de saine gestion ?

Idiots ou pas, ils ne seront pas longs à déchanter. Et voici le grand suspense du quinquennat : comment le Prince Président va-t-il s’y prendre pour se faire réélire malgré une politique qui ne peut que creuser les inégalités, les déficits et le chômage ? Ce qu’il lui faudrait, comme à W. Bush son modèle, c’est une bonne guerre…

Mais cessons de broyer du noir et écoutons plutôt Ségolène

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Histoire naturelle

Les cloportes sont des crustacés végétariens très utiles à l’écosystème. Ils redoutent malheureusement de nombreux prédateurs, parmi lesquels les crapauds et les « reniflards chuintants » (sic).

A laquelle de ces dernières espèces s’apparente le gracieux personnage qui tient des propos de bistro devant une poignée de septuagénaires ? Nous vous laissons juges.

La seule certitude, c’est qu’avec un tel respect de l’opposition, déjà vu sous d’autres cieux (Hitler comparait les Juifs à des sangsues ou des asticots…), la majorité bleue horizon nous promet une sacrée pratique de l’ouverture. Au kärcher…

A force de siphonner les voix du Front National, on finit par être un peu siphonné soi-même.

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11 juin 2007

Un président charismat... (hic)

Cette vidéo ne sera pas diffusée à la télévision française. Dommage…

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