Orge et Yvette pour Ségolène

Blog du comité désirs d'avenir de l'Orge et de l'Yvette

20 février 2007

Villepinte : le remix

Ils ont osé ! Sur fond de gospel, le DJ de Radio Nova a risqué un remix à base de morceaux choisis du discours de Villepinte. Le résultat… est plutôt réussi ma foi. Sera-ce le tube du 22 avril ?

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19 février 2007

Haro sur le baudet !

Pauvre Alain Duhamel ! Sanctionné pour l’exemple. Le voilà interdit d’antenne des chaînes publiques jusqu’aux élections pour partialité envers… François Bayrou.

Dans cette télé publique d’une objectivité exemplaire, dont les journalistes vedettes partagent la vie de deux ministres (Borloo et Baroin), il faisait tache.

Espérons que, dans la foulée, cette télé rendue à ses devoirs d’objectivité se dépêchera de nous informer des bourdes du candidat de l’UMP : avez-vous entendu parler de « l’héritation » qu’il a employée au mont Saint-Michel à la place « d’héritage » ?

Qu’elle se montrera enfin diserte sur ses reculades : que reste-t-il de son programme une fois ramené de 120 à 30 milliards d’euros par son équipe de comptables ?

Qu’elle ne nous cachera rien de son bilan au ministère de l’économie (le creusement du déficit voilé par la soulte des retraites d’EDF), de ses sévices à l’intérieur (l’utilisation des services de l’Etat à des fins personnelles et les violences qui explosent), ni de son emploi abusif de l’argent du contribuable pour mener campagne.

Mais pourquoi s’en prendre spécialement à un partisan de Bayrou, direz-vous ?

Ne croyez pas que le très objectif M. de Carolis ait une dent particulière contre l’homme dont le programme consiste à ressusciter la quatrième république et la troisième force…

Passé du très gauchiste Figaro Magazine à la direction de France Télévisions après avoir rédigé au passage une hagiographie de sainte Bernadette (Chirac), M. de Carolis aurait préféré faire un exemple avec un journaliste de gauche…

Par malheur, les mauvaises langues prétendent qu'il n’aurait trouvé à l’antenne des chaînes qu’il dirige ni vrai journaliste ni homme de gauche...

Signez la pétition pour le respect du pluralisme dans l’audiovisuel.

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13 février 2007

Chiffrage : le point de vue d'un expert

Henri Sterdyniak Economiste et professeur à Paris-Dauphine «Le programme de l'UMP est extravagant»

«Le programme économique de Sarkozy est un fourre-tout extravagant. Il promet et la hausse des dépenses publiques et la baisse des prélèvements obligatoires dans des proportions invraisemblables. Les hausses sont légion, à destination de la recherche et l'enseignement supérieur, des retraités ­ revalorisation des petites pensions ­, des familles ­ instauration d'une allocation au premier enfant ­, ou des chômeurs ­hausse promise des plus basses indemnités. Ces promesses représentent un surcroît de dépenses de l'ordre de 37 milliards d'euros, soit deux points de PIB. Les économies proposées pour y faire face, comme le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite ou la lutte contre la fraude aux minima sociaux, apparaissent bien faibles, à peine plus de 6 milliards d'euros. Sarkozy s'engage en même temps sur une baisse massive des prélèvements obligatoires : entre la déduction des intérêts pour l'achat d'un logement, l'exonération des heures supplémentaires, la TVA dans la restauration ramenée à 5,5 %, la baisse des droits de succession, etc., les recettes de l'Etat et des organismes sociaux seraient amputées de 24 milliards d'euros ! En fait d'orthodoxie budgétaire, Sarkozy se propose de creuser le déficit public de 55 milliards d'euros, soit 3 % du PIB ! On voit mal la cohérence économique... Ces dépenses seraient financées par le surcroît de croissance que les baisses d'imposition généreraient. Pour cela, la croissance française devrait être de 5,5 % par an pendant cinq ans. Peu probable. Ce programme libéralo-populiste ne tient guère la route.»

(source : Libération)

QUOTIDIEN : mardi 13 février 2007

Par Nathalie RAULIN

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06 février 2007

Discours de la méthode

Bientôt, cette campagne participative s’achève. Nous allons revenir à une forme d’action qui, d’ailleurs, n’aura jamais cessé d’être menée en parallèle : distribuer des tracts, coller des affiches, convaincre, convaincre, convaincre.

Quelle que soit la suite donnée à nos débats, nous n’aurons aucun regret. Cette conception singulière de la politique nous aura fait sortir de nos rôles de militants censés avoir toujours la bonne réponse à tout, ne jamais douter, être les gentils alors que ceux qui ne pensent pas comme nous sont forcément les méchants. Bref, de tout ce qui exaspère les non militants dans le militantisme et les éloigne à jamais de la politique.

Etre à l’écoute des gens, et surtout de ceux qui ne pensent pas comme nous, est une belle formule, aussi difficile à suivre que la voie de la tempérance pour l’amateur de whisky.

Ne profitons pas du fait que la phase d’écoute est terminée pour retomber dans les vieux travers. Car cette nouvelle façon de faire campagne est avant tout une nouvelle façon de gouverner.

Ce qu’il y a de plus étonnant dans cette période préélectorale, c’est que chaque candidat, souvent sans qu’il s’en rende compte, aura dû se battre sur le terrain que nous aurons choisi.

Sarkozy ? Un socialiste ! Et c’est Bayrou qui lui reproche d’usurper l’héritage sacré de Jaurès et de Blum ! Comble du surréalisme, voici maintenant Alain Minc s’exclamant dans le Nouvel Obs’ : « Rien ne sera jamais plus grand que Marx » ! Et nous qui nous apprêtions à faire notre congrès de Bad Godesberg...

Trêve de galéjades. Le fait est que la chute du mur n'a pas produit la "fin de l'histoire" escomptée par d'approximatifs disciples de Hegel. Grâce, sans doute, aux échecs géopolitiques de W. Bush et au fiasco économique de l’Europe libérale et de la droite française, mais aussi, n’en doutons pas, en partie grâce à nous, le balancier du magistère intellectuel et moral revient aujourd’hui pesamment vers la gauche. Comme à la fin des années soixante.

Voyez Jean-François Kahn, le groupie du centre. Dénonçant la morgue de l’élite autoproclamée, véhicule de la pensée unique, il ne comprend pas qu’il est ségoliste à son insu. Sauf que c’est par la démocratie participative et l’ordre juste que peut s’instaurer cette coopération entre hommes de bonne volonté qu’il appelle de ses voeux, et non pas en réinventant une quatrième république dominée par une troisième force, qui ferait du « troisième homme » le digne héritier des Queuille ou des René Coty.

Et José Bové, notre Asterix de Millau ! Que faisait-il d’autre, partant en guerre contre les McDo, que de défendre les « pays, paysans et paysages » qui furent, avec le féminisme, le premier et le plus intime combat de Ségolène ? Le Larzac ou le marais poitevin, même combat ! Il ne se rend même pas compte que rien, dans son discours, ne va au-delà de ce que propose Ségolène en matière d'agriculture paysanne, si ce n’est l’irréalisme de vouloir faire l’Europe à nous tous seuls et la volonté de rendre notre victoire impossible en pérennisant le clivage entre gauches du oui et du non pour en faire une césure irrémédiable.

Voyez maintenant ces avant-gardes autoproclamées du prolétariat, candidats surtout appréciés des retraités ou des cadres supérieurs, indispensables au jeu de rôle électoral par leur éternel simulacre de révolution. Quand on donne enfin la parole au peuple, ce qui devrait censément les réjouir, ils n’y voient que du populisme.

Ne leur en tenons pas rigueur. Ségolène Royal est tellement hors norme, comme de Gaulle en son temps, qu’elle affole les boussoles politiques. N’est-elle pas à la fois social-démocrate et alter-mondialiste, barrésienne (comme Mitterrand) quand elle défend nos terroirs et maoïste quand elle croit à l’intelligence collective des masses ?

Face à un DSK ou à un Fabius, qui tendaient si complaisamment l’étiquette qu’on devait leur coller, elle n’est ni strictement social-démocrate ni l’héritière déférente de la mitterrandie. Puisque Marx revient à la mode, disons qu'elle en est la synthèse dialectique. Il faudra bien s’y faire. Cette femme n’est pas la dépositaire d’un prêt-à-penser. Elle a des valeurs, des principes. Et elle a des idées, qui sont aussi imprégnées des nôtres, de cette fameuse « intelligence collective », la quintessence de l’air du temps. Surtout, elle a une méthode pour les capter, ces idées, et les transmuter en propositions concrètes. On n’a pas fini d’en reparler.

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30 janvier 2007

Pour une presse libre, faites comme Johnny : allez en Suisse.

Nicolas Sarkozy n’est encore que ministre de l’intérieur et pourtant, il faut déjà aller chercher dans la presse étrangère (ici, « le matin » de Genève) pour accéder à une information libre. Comme au temps où les philosophes (pas les nouveaux, les vrais, comme Voltaire ou Rousseau) devaient se faire imprimer chez les Suisses ou les Bataves… A lire d'urgence avant censure.

Mainmise sur la presse tricolore

LIAISON DANGEREUSE

Depuis 2002, Nicolas Sarkozy a placé des hommes à lui dans presque toutes les rédactions parisiennes, dans la presse écrite comme dans la presse audiovisuelle

PARIS - IAN HAMEL

27 janvier 2007

Les Français ne connaissent pas la société audiovisuelle ETC (Etudes, techniques et communication). Pourtant, ils ne cessent de voir ses productions à la télévision. C'est cette entreprise, appartenant à l'UMP, le parti de Nicolas Sarkozy, qui filme le candidat Nicolas Sarkozy et qui ensuite vend (ou plus souvent donne) ses reportages aux chaînes de télévision françaises. «Le plus grave, ce n'est pas que Sarkozy organise ses propres reportages, mais que les télévisions acceptent ce procédé car il leur fait économiser de l'argent», proteste un journaliste parisien sous couvert d'anonymat.

Pourquoi se gêner? La société ETC jouit d'une excellente réputation professionnelle, elle offre des images parfaitement maîtrisées, avec des caméras face à la tribune, sur les côtés, et survolant la foule. Nicolas Sarkozy a même organisé le retour de Cécilia, son épouse, au domicile conjugal. Son photographe a pris soin de prendre les clichés à distance afin de faire croire qu'il s'agissait de photos volées par un paparazzi... Rien d'étonnant à cela. Comme le rappelle Frédéric Charpier dans son livre «Nicolas Sarkozy. Enquête sur un homme de pouvoir» (1), l'actuel ministre de l'Intérieur avait imaginé un temps devenir journaliste.

Les journalistes au pain sec

Maire de Neuilly, dans la région parisienne, et président des Hauts-de-Seine, le département le plus riche de France, Nicolas Sarkozy courtise de longue date les patrons de presse, qui sont souvent ses administrés, comme autrefois Robert Hersant, propriétaire du Figaro et de 30% de la presse française, et aujourd'hui Martin Bouygues, le patron de TF1, dont le journal télévisé est regardé par 8 millions de personnes. «Il est non seulement l'ami des patrons de presse, mais il est aussi l'ami des rédacteurs en chef et des chefs des services politiques qu'il appelle tout le temps au téléphone. Sarkozy s'est aussi constitué une cour de sans-grade qui espionnent pour lui à l'intérieur des rédactions, recevant en compensation des informations exclusives ou des promesses de promotion», raconte un enquêteur connu de la presse parisienne.

Le climat est devenu tellement étouffant que ce journaliste demande non seulement que son nom n'apparaisse pas, mais que son journal ne soit pas mentionné non plus. «Je suis contraint de me méfier de mes propres collègues», déplore-t-il. Ministre de l'Intérieur, à la tête de deux services secrets, la DST et les Renseignements généraux (RG), Nicolas Sarkozy est un homme tout-puissant. Alors que ses «amis» journalistes sont abreuvés de scoops sur la délinquance ou sur le terrorisme, les autres rédacteurs se retrouvent au pain sec: les policiers ne leur parlent plus. Pire, ils découvrent que les Renseignements généraux ne font pas seulement des enquêtes sur les collaborateurs de Ségolène Royal, la candidate socialiste, comme Bruno Rebelle, ancien directeur de Greenpeace. Mais qu'à l'occasion, ils s'intéressent aussi à la vie privée des rédacteurs un peu trop à gauche. «Un proche de Sarkozy vous appelle au téléphone et lâche le nom de votre maîtresse, menaçant de le faire savoir à votre épouse si vous ne devenez pas davantage conciliant avec le candidat de l'UMP», s'étrangle un journaliste du Figaro. Un proche de Sarkozy que Karl Laské, journaliste à Libération appelle carrément «le lanceur de boules puantes».

(paru dans le Matin, Genève)

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29 janvier 2007

Le caméléon

Selon Monsieur le prince Sarkozy, Ségolène consulterait les Français parce qu’elle manque d’idées. Il est vrai que sur ce plan là, elle ne peut rivaliser avec lui. Lui, pas besoin qu’il nous demande notre avis : il ne manque pas d’idées, il les a toutes !

Proche de le Pen un jour, à gauche de la gauche le lendemain.

Fana de Bush face à Bush. Anti-américain de grande cuvée quand il doit s’adresser à des gaullistes.

Partisan d’une généralisation du CNE quand il voit un patron, très réservé sur le même CNE un peu plus tard car, entre temps, il a vu un syndicaliste dans la salle.

La rupture, il la vit tous les jours dans sa tête. Pour ce qui est de la tranquillité, par contre, il faudra songer à doubler la dose de valium.

Remarquez, un type comme ça, disciple à la fois de Jaurès et de W. Bush, c’est pratique comme la Samaritaine de la grande époque : pas besoin d’aller voir ailleurs. Et en plus, avec lui, il n’y a que les pauvres et les classes moyennes qui passent à la caisse. Les très riches, on leur fera la grosse ristourne.

Comme il dit, avec lui, tout devient possible. Le moins bon (quand il était au budget) comme le pire (en tant que ministre de l’insécurité) ou le pire du pire (quand, avocaillon, il faisait expulser les locataires en difficulté).

Oui, vraiment, avec ce champion de l’oxymore et du paradoxe, le choix est clair : pour un vrai changement, il suffit de reconduire les mêmes, et pour un vraie politique de gauche, il n’y a qu’à voter à droite.

Vous ne le croyez pas ? Traitez donc Sarkozy de menteur, pendant que vous y êtes !

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19 janvier 2007

De Foch à Giap

Du moins en France, le combat électoral ne fait heureusement ni morts ni blessés. Il ne s’en apparente pas moins à l’art de la guerre.
Durant les trente glorieuses, c’était une guerre de tranchées. Chacun campait sur son bastion : gauche « généreuse » contre droite rabat-joie mais supposée compétente en économie et en tous cas économe des deniers publics.

L’Angleterre d’après guerre offre une caricature de ce jeu de rôles : le « stop and go ». Go, je vote travailliste, j’ouvre les vannes de la dépense publique, des augmentations de salaires et de l’inflation. Stop, je vote conservateur, il va falloir se serrer la ceinture.

Cela a fonctionné à peu près comme ça aussi chez nous, si l’on excepte Mendès-France, jusqu’au jour où Giscard, aux présidentielles de 74, a refusé de jouer le jeu en s’exclamant « Monsieur Mitterrand, vous n’avez pas le monopole du cœur ».

Mais l’homme qui a vraiment changé l’art de la guerre électorale en France, c’est bien Jacques Chirac, aussi génial pour gagner des élections que médiocre quand il s’agit d’utiliser sa victoire pour en faire quelque chose.

Souvenez-vous. A quelques mois des présidentielles de 95, le voilà seul, ringardisé, face à un PS qui s’est choisi un bon candidat et des médias qui n’en ont que pour « Monsieur Balladur ».

Mais voilà, il entame un mouvement tournant nommé « la fracture sociale », devient le « Chi », rejette Balladur dans son marais louis-philippard, atomise son ami de trente ans d’autant mieux qu’il est dans la posture de l’outsider et de l’homme trahi, avant de vaincre l’austère champion de la gauche. Quel bookmaker aurait parié un liard sur Chirac quelques mois plus tôt ?

Ces élections de 95 nous ont fait entrer dans un nouvel âge : celui de la guerre d’encerclement, sur le modèle du stratège Sun-tse si brillamment exploité par les guerres populaires d’Asie.

Il est facile de comprendre que certains, à l’état-major, aient du mal à suivre. Pas plus que le général Gamelin en 1940, ils ne saisissent que le vieux combat de tranchées à la Foch est voué à l’échec.

Face à un ennemi à la fois puissant et mobile, qui dispose du B52 TF1, des chars lourds médiatiques produits en série par la Minc corporation, voilà qu’on nous propose de mener une véritable guerre de partisans. 

Selon cette nouvelle stratégie, il faudrait être partout et nulle part, proche des gens, noyé dans la population comme un poisson dans l’eau. Pas évident !

Pourtant, l’Histoire montre qu’une guerre populaire bien menée triomphe à chaque coup. Nous, socialistes, pouvons la faire car le dévouement, l’intelligence de nos militants est sans borne ! A condition de ne pas nous comporter comme les Vendéens, suivant leur capitaine local sans tenir compte des avis de leur général en chef, mais plutôt comme le Viêt-Cong, dont les initiatives combattantes locales ont alimenté la stratégie commune. Jusqu’à la victoire finale.

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10 janvier 2007

Quand Sarko dépasse les bornes...

« Tout devient possible avec Sarkozy ».

Ce sera, paraît-il, le slogan de campagne du candidat de la rupture plus ou moins tranquille.

Et c’est justement ça qui nous inquiète.

Comme disait le regretté Pierre Dac, « quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites ».

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09 janvier 2007

Bravo la bravitude !

expresso_Bravitude_365pixelsC’est mathématique, mon cher Wiener ! L’information est d’autant plus grande qu’elle est moins prévisible. Poussant ce principe à l’extrême, les médias d’aujourd’hui l’ont transformé en un corollaire : pour exister, il faut surprendre et pour surprendre il faut sortir des clous, ne serait-ce qu’à l’aide d’un néologisme.

Moi, ça ne me choque pas. La langue, après tout, se construit à coup de néologismes. S'ils sont conformes à l'esprit du français (comme le "courriel" des Québécois et contrairement au "mél" de nos académiciens), cela vaut mieux que d’emprunter tels quels à l’anglais des vocables dont, bien souvent, on n’a pas compris le sens.

Un marchand d’armes (oui, j’ai de drôles de fréquentations…) m’a raconté un jour que son entreprise avait du mal à exporter ses « drones » parce que « drone », emprunté à l’anglais, signifie chez nous un avion sans pilote bourré d'électronique alors qu’en version originale il ne désigne que des avions cibles.

La "bravitude" dont Ségolène a fait preuve tout au long de sa vie politique, ce n’est pas de la bravoure. Affronter les lignes ennemies la fleur au fusil demande de la bravoure. Mais accéder à la candidature PS sans le soutien d’un courant, affronter aujourd’hui la droite et demain les difficultés du pays sans se départir de son sourire va demander à Ségolène une bonne dose de "bravitude"… Heureusement, elle n’en manque pas.

(source du dessin : l'espresso, newsletter de Télérama)

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19 décembre 2006

Mensualisation : comment augmenter les impôts en ayant l'air de les baisser

Trop fort la droite ! Après avoir attaqué la gauche réputée dépensière, elle multiplie les promesses de cadeaux à tous les lobbies qui tendent la sébile. Au final, le très patronal Institut de l’Entreprise, dirigé par le très droitier Michel Pébereau, a calculé que son projet, véritable hotte de père Noël, revenait au moins aussi cher que le projet socialiste, la cohérence en moins.

Pour financer une part de ces promesses électorales, l’argentier Thierry Breton a trouvé le joint. Le grand prestidigitateur de Thomson et de France Télécom a annoncé sans rire que, à la faveur de la mensualisation de l’IRPP, on allait faire l’impasse sur les impôts de 2008.

Pas d’impôt sur le revenu en 2008 ? Vous avez mal compris. En 2008, on paiera les impôts sur les revenus de l’année précédente, comme d’habitude. En 2009, on paiera les impôts sur les revenus de 2009.

Et maintenant, regardez bien le tour de passe-passe. Comme, en règle générale, les revenus nominaux augmentent d’une année sur l’autre, cela veut dire qu’à partir de 2009, toutes choses égales par ailleurs, on paiera davantage d’impôts puisqu’on les paiera sur des revenus en augmentation. A moins que la gestion de la droite soit si calamiteuse que les revenus ne se mettent à diminuer…

Mais qu’importe me direz vous puisque, de toutes façons, en 2008, c’est la gauche qui sera au pouvoir. Et comme la gauche n’est pas contre les impôts qui frappent les plus aisés, après tout, ces impôts supplémentaires et sans douleur pourraient bien nous financer la sécurité sociale professionnelle et quelques autres mesures sociales. Qu’est-ce qu’on dit ? Merci M. Breton ? Nous n’irons pas jusque là…

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Et pendant ce temps-là... heureux habitants de Poitou-Charentes nous apprend une dépêche AFP !

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