16 juin 2008
Un éléphant, ça trompe...
Dans le traité de Lisbonne, certains ne voient qu’un nouvel avatar du rouleau compresseur ultra-libéral. Pour eux, voter « oui » reviendrait à préciser à quelle sauce nous voulons être mangés.
D’autres voient une (modeste) avancée vers l’Europe puissance, mariant politiques économiques, diplomatie coordonnée, contrôle parlementaire sur les décisions, harmonisation sociale et fiscale, que nous appelons de nos vœux.
Nous sommes comme les aveugles de la fable face à un éléphant : certains tâtent les pattes et disent « Ce sont les colonnes d’un temple », d’autres s’emparent de la trompe et s’écrient « Au secours, c’est un serpent ».
Ce n’est ni l’un, ni l’autre. Juste 3000 pages de texte jargonnant dont le seul but est de faire bouger un peu l’éléphant. Pas assez pour se protéger du tigre (asiatique) mais pas assez non plus pour nous écraser les pieds.
La seule chose de sûre, c’est qu’avec le non irlandais, les partisans d’une Europe minimale, réduite à une zone de libre échange, ont marqué un point. Le dumping fiscal et social va pouvoir continuer…
Pour une analyse plus sérieuse de ce qu’aurait pu changer la ratification du traité, voir le blog Lozère socialiste.
04 juin 2008
"Le socialisme est un dépassement du libéralisme et pas une doctrine d’appoint. "
Ségolène Royal fait le point sur un vrai débat d'idées, essentiel pour les socialistes, et qui n'est pas qu'une affaire de positionnement tactique en vue d'un congrès...
Ce que j’ai toujours dit sur la question du libéralisme et ce que je redis :
Pour répondre à ceux qui déforment mes propos, voici d’abord les citations complètes de ce qu’ai dit et écrit sur le sujet :
CITATIONS
1) « Dimanche + », le 25 mai 2008
«(…) Il faut rassembler les socialistes sur les valeurs qui sont les nôtres et en l’occurrence, je crois qu’il y a déjà beaucoup à faire pour redéfinir le contenu du mot socialisme, c'est-à-dire pour l’adapter aux défis du temps présent qui n’existaient pas au XIXe siècle. Les déplacements massifs de population, le réchauffement planétaire, les grandes pandémies, les masses financières qui se déplacent à l’échelle planétaire à la recherche de placements spéculatifs, la crise alimentaire qui est due à la spéculation sur les denrées alimentaires.
Donc ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est comment, avec de nouvelles règles et de nouveaux principes, on garantit à chacun l’accès au bien public collectif, c'est-à-dire manger, se loger, s’éduquer, se soigner et travailler ou être utile aux autres. Donc dès lors que l’on pourra garantir à chacun, d’abord en France mais aussi à l’échelle planétaire, ces fondements même de la dignité humaine, alors le socialisme aura réalisé un idéal (... ). »
« (…) Ce que je pense, simplement, c’est qu’il y a déjà beaucoup à faire pour redonner de la modernité, un nouveau souffle au socialisme. Le mot libéralisme est le mot de nos adversaires politiques et je crois que le socialisme a déjà intégré tout l’héritage des droits et des libertés individuelles. Les socialistes et la gauche sont issus de la déclaration de 1789, de la Convention européenne de droits de l’Homme, du combat de JAURES pour DREYFUS, du combat de François MITTERRAND et de BADINTER contre la peine de mort, donc les droits et les libertés individuelles font partie de notre patrimoine commun. C’est très important, faut-il aller donc jusqu’à réhabiliter ce mot de libéralisme ? Non ! (…) »
« (…) Le mot libéralisme a des connotations positives dans certains autres pays, par rapport aux Etats-Unis. En France, non. Il est tellement chargé et tellement synonyme aujourd’hui de capitalisme débridé et de dégâts et d’écrasement des bas salaires, d’insécurité, de creusement des inégalités et donc de violence, qu’il fournit de la violence (…). »
(…) Ce qu’a dit Jaurès sur la question est très important parce que c’est très moderne. Ça reste très moderne, parce qu’il avait déjà intégré cet héritage-là, des droits et des libertés individuelles, au socialisme… mais agrandi à la dimension sociale de l’homme. Et aujourd’hui qu’est-ce qu’il nous manque dans le monde dans lequel nous sommes, par rapport à toutes ces souffrances, par rapport à ces 5 euros, qu’est-ce qui nous manque ? Il nous manque du social, et les socialistes ne sont pas pour le social contre l’économique, ils pensent que l’un ne va pas sans l’autre (…). »
2) Le Point du 27 mars 2008
« De quel libéralisme parle-t-on ? Si c’est du libéralisme politique, il est depuis l’origine indissociable du socialisme démocratique. Voyez Jaurès justifiant contre Jules Guesde la défense du capitaine Dreyfus et affirmant que « l’individu est la mesure de toute chose ». La liste serait longue de la contribution des socialistes au renforcement des libertés individuelles et politiques ! »
« Mais si vous appelez libéralisme cette idéologie du laisser-faire, du laisser-aller, alors oui, le socialisme ne mange pas de ce pain-là (…). »
« La bonne question est : que fait-on pour que l’économie de marché et la concurrence ne dictent pas leur loi désordonnée à une société prise en otage par les intérêts particuliers, mais pour qu’ils servent au bien-être de tous ? Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge. On attend de nous une autre façon de produire les richesses et de les distribuer. On me disait par exemple qu’il était impossible de conditionner les aides aux entreprises à l’interdiction de délocaliser ou de licencier en cas de bénéfices ; je l’ai fait en Poitou-Charentes et nous sommes aujourd’hui l’une des régions mieux placées en termes de créations d’entreprises ! »
3) Maintenant, Ségolène Royal répond à Marie-Françoise Colombani, Hachette Littératures, mars 2007
"Nous, socialistes, nous sommes des libéraux au sens politique originel car nous sommes ardemment attachés aux libertés individuelles et démocratiques. (...) Donc, pas question de jeter l'opprobre sur le mot lui-même (…).
(...) Mais si vous entendez par libéralisme cette conception de l'économie, je dirais même ce dogme ou cette idéologie, qui confie aux marchés, et aux marchés seulement, la régulation des sociétés, alors, oui, je pense que le libéralisme est l'ennemi de la justice sociale."
COMMENTAIRES
Suite à ce que j’ai dit, voilà ce que je voudrais rajouter :
Sur le « libéralisme »
Une chose est de « ne pas jeter l’opprobre » sur le mot, mot qui a eu un sens face aux despotismes et au totalitarisme, notamment collectiviste, une autre est d’en faire aujourd’hui son étendard et de se l’approprier au point d’affaiblir le socialisme.
Le mot « libéral » a un sens, et ce sens, c’est celui que nos adversaires lui ont donné. Le libéralisme a été préempté par une droite dure et, aujourd’hui, c’est le mot d’un capitalisme inquiétant, même lorsqu’il n’est pas accompagné du terme d’« ultra ».
Les libertés politiques et les droits de l’homme sont intégrés dans le socialisme démocratique depuis bien longtemps. Il est donc inutile de se dire libéral. C’est une source de confusion et c’est dangereux.
La modernité politique ne passe pas par l’acceptation d’un libéralisme qui, à force de déréglementation, symbolise la perte de repères et l’écrasement de la personne humaine. Elle passe par la définition d’un socialisme du 21ème siècle, qui aille au-delà de simples ajustements à la marge des méfaits du libéralisme.
Notre désaccord avec la droite porte sur la protection des libertés et la définition de nouveaux droits, mais aussi sur la politique économique et sociale (paquet fiscal, franchises médicales, casse de l'éducation nationale, abolition des 35h, retraites…).
Se dire libéral et socialiste, c’est laisser croire que le socialisme ne parle pas de l’individu, de la liberté ou de l’efficacité économique et qu’il a besoin pour cela de l’apport du libéralisme. Or rien n’est plus faux.
Car être socialiste, c’est :
- voir que les services collectifs rendent les individus plus forts et d’une certaine façon plus libres (comment être libre quand on n’arrive pas à se loger, à se nourrir, ou quand on sort du système scolaire sans qualification ?) ;
- - mettre les sécurités et la solidarité au service de la libération des énergies et de la prise de risque (comment avoir l’esprit d’entreprise quand on vit dans l’incertitude et la précarité ?);
- - faire de la lutte contre les inégalités un moyen pour que chacun contribue à la richesse du pays et à sa compétitivité (comment se priver du dynamisme des jeunes des quartiers populaires ?) ;
- Le socialisme n’a pas besoin de se dire libéral. En luttant contre les inégalités, il réalise, lui, la promesse de liberté que ne tient pas le libéralisme. Le socialisme est un dépassement du libéralisme et pas une doctrine d’appoint.
Sur la question du Parti et des alliances
Nous voulons d’abord un parti fort car ouvert sur la société, ferme sur ses convictions et ses valeurs.
Le parti socialiste doit être un centre de gravité pour la gauche. Une fois qu’il aura réaffirmé ses valeurs et défini son projet, tous ceux qui partageront ses ambitions, à gauche comme au centre, pourront nouer des alliances avec lui.
Ségolène Royal
27 mai 2008
Chemin de Damas
Bienvenue parmi nous, cher iconoclaste...
(source du dessin : www.jds.tv)
25 mai 2008
La région Poitou-Charente se met au vert
Soucieuse de faire figure d'exemple en matière de développement durable, la région Poitou-Charente, que préside l'ex-candidate à l'élection présidentielle Ségolène Royal, a décidé de prendre le taureau par les cornes et d'intervenir directement dans l'élaboration d'un véhicule propre et bon marché.
Il faut dire que le véhicule électrique, c'est l'Arlésienne. Depuis des années que les constructeurs sont censés progresser dans cette voie, force est de constater que leur diffusion demeure archi-confidentielle, que l'offre est réduite à néant et que le saut technologique nécessaire pour régler les problèmes d'autonomie et de performance semble long à franchir. Toutefois, après des années de sous investissement, les annonces des différents acteurs du monde automobile se succèdent et chacun semble avoir compris, le prix du baril aidant la prise de conscience, le potentiel de cette voie. Alors que la communication des constructeurs est toujours plus axée sur les vertus vertes de leurs modèles, ces derniers investissaient jusque-là plus volontiers dans le moteur thermique traditionnel en s'attachant à le rendre plus écolo que dans la recherche de solutions alternatives à l'exception de certains précurseurs comme Toyota et sa Prius.
Avec cette initiative, cette fois, c'est directement un acteur public qui prend l'initiative de chercher à développer rapidement un véhicule utilisant la fée Électricité pour se mouvoir. Le cahier des charges est clair : une automobile utilisant une énergie électrique, dont les émissions de CO2 ne dépassent pas 60g/km (2,5 fois moins que l'objectif actuel pour les voitures neuves ; il prend en compte l'origine le bilan énergétique actuel de la production d'électricité en France) avec un prix de vente hors taxes de 5 000 euros (soit moins qu'une Logan). Il doit comporter au moins trois roues et pouvoir transporter deux personnes au minimum. L'empreinte écologique de sa fabrication sera également prise en compte.
Le ou les projets lauréats sur les 12 retenus pour l'instant seront présentés au Mondial de l'automobile à l'automne et bénéficieront d'une aide financière de la région ainsi que d'un soutien pour décrocher des fonds européens et trouver des partenaires pour un développement industriel à fins de commercialisation.
L'ambition de ce projet est de faire du Poitou Charente un modèle de développement écologique tout en cherchant à en tirer des retombées économiques sur son territoire notamment pour dynamiser son tissu industriel. Une initiative tout à fait louable mais encore isolée dont on peut se demander si elle ne gagnerait pas en cohérence et en portée en s'inscrivant dans un programme national ambitieux de promotion des énergies renouvelables.
Romain CANTENOT
(source : Webcarnews)
19 mai 2008
Ségolène Royal au 20h de France 2 - 17 05 08
Ségolène Royal au 20h de France 2 - 17 05 08
Vidéo envoyée par segolene2007
www.desirsdavenir.org
Ségolène Royal prête à "assumer cette belle mission"
Ségolène Royal annonce sa candidature ...
Vidéo envoyée par segoleneparis
Devant près de 500 militants réunis à La Bellevilloise lors d'un Atelier Citoyen, Ségolène Royal a annoncé sa candidature au poste de Premier Secrétaire du Parti Socialiste.
Lire l'intégrale du discours.
14 avril 2008
Mauvais procès
C’est décidé les amis, je vais porter plainte contre Ségolène Royal !
C’est vrai, quoi, vous n’imaginez pas le nombre d’heures que j’ai passé à rédiger, argumenter, ferrailler, participer à des meetings, distribuer des tracts, coller des affiches, applaudir (j’en ai encore les mains toutes rouges), m’égosiller…
Et vous savez combien d’argent cela m’a rapporté ? Rien, nada. J’ai travaillé à l’œil. Même pas perçu des frais de route.
Pire que ça, j’ai payé pour militer.
Et ce qui est pire que pire, c’est que je continue. Et au même tarif ! Pour sûr, elle a dû me jeter un sort, cette Ségolène. J’en appelle à la Justice de mon pays.
Voir les déclarations des collaborateurs exsangues de Ségolène Royal, ceux de l'infortuné maire de Melle, et les commentaires du martyr Pierre Mignard sur cette ténébreuse affaire.
07 avril 2008
Consultation participative
comment le Congrès du PS peut-il être utile aux Français ?
Chères amies, Chers amis,
Je vous prie de trouver ci-joint l'initiative que nous prenons, en vue du Congrès du Parti socialiste, pour lancer un débat de qualité, utile aux Français. Le texte en a été publié aujourd'hui.
Je compte sur vous pour nous rejoindre et apporter vos idées sur le site qui sera spécialement créé pour vous accueillir. Elles nous permettront d'aboutir à une belle contribution dont nous seront toutes et tous coauteurs.
Amitiés
Ségolène
Dans un monde qui se transforme à vive allure et dans une France où même ceux qui se croyaient à l’abri sont en proie à l’inquiétude, les socialistes doivent répondre à de nouvelles questions.
Aujourd’hui la précarité envahit tout, l’initiative économique est en panne, les inégalités n’ont jamais été aussi insolentes, l’incertitude pèse sur le rôle de la France dans le monde. Nous devons apporter la preuve de l’efficacité de l’action politique et la mettre au service de notre idéal commun.
Nous lançons cette consultation participative dans la cohérence des valeurs bâties pendant la campagne présidentielle et dans la volonté de prolonger les voies tracées par les Forums de la rénovation du PS.
Sachant que les questions bien posées permettent les réponses pertinentes, nous pensons utiles de prendre un temps pour bien formuler les questions à trancher (3), en s’appuyant sur les sources d’inquiétudes des Français (1) et sur nos valeurs (2).
C’est pourquoi ce document propose, sur cette base, de lancer des discussions et de susciter des réactions : vous pouvez modifier ou compléter la formulation des thèmes qui vous sont proposés. Un site Internet sera spécialement ouvert pour cela.
Ce questionnaire est une étape très importante pour structurer le travail de fond qui, enrichi par ces échanges, aboutira à une proposition prenant la forme d’une contribution au Congrès du PS.
La consultation s’adresse aux militants du PS, en lien avec les sympathisants et les forces vives qui attendent beaucoup de nous face aux dégradations de toutes sortes commises par la droite.
L’une des questions majeures autour de laquelle s’organise notre réflexion est la suivante : définir les droits et les devoirs des responsables politiques, de la société et des personnes, de telle sorte que la liberté de réussir sa vie ne soit pas le privilège de quelques uns mais l’ambition garantie à tous.
Premiers coauteurs de ce document : les membres du conseil politique, qui se réunit le mardi autour de Ségolène Royal, les responsables des groupes de travail (par exemple sur la santé), des présidents de régions et élus qui suivent et participent aux réunions. Cette liste est ouverte à toutes celles et tous ceux qui voudraient participer à l'initiative que nous lançons.
Ségolène Royal
François Rebsamen
Vincent Peillon
Jean Louis Bianco
Manuel Valls
Gilles Pargneaux
Delphine Batho
David Assouline
Guillaume Garot
Aurélie Fillipetti
Michel Sapin
Jean-Pierre Mignard
Jean-Jack Queyranne
Jacques Auxiette
Nadjat Belkacem
Pascal Terrasse
Dominique Bertinotti
Michèle Delaunay
Jean Guerard
- Les dix sources d’inquiétude des Français
1. un capitalisme qui perd la tête ;
2. la dégradation du niveau de vie ;
3. les fragmentations et le descenseur social à l’intérieur ; la perte de compétitivité de la France à l’extérieur ;
4. l’affaiblissement de la valeur travail et l’exagération de la valeur du capital ;
5. le trouble qui pèse sur l’identité française, secouée par les peurs de l’autre ;
6. le doute sur l’efficacité de l’Etat ;
7. le scepticisme sur la réalité de l’égalité des chances par l’école ;
8. l’Europe perçue comme indifférente au sort des citoyens ;
9. les désordres du monde et les interrogations sur la fin de l’hégémonie occidentale ;
10.une planète menacée d’autodestruction.
- Les sept valeurs et objectifs qui nous guident
1. Le monde a changé. Le socialisme doit changer pour rester fidèle à sa mission.
2. Le bien-être de tous exige que l’économie de marché et la concurrence ne dictent pas leur loi désordonnée au service d’intérêts particuliers.
3. La volonté publique et l’Etat organisent la conciliation de l’intérêt général et des préoccupations des gens, notamment à travers les services publics.
4. La lutte contre toutes les formes d’injustices et de discrimination est au cœur du droit de chacun à la réussite individuelle.
5. Les socialistes doivent participer à la construction d’un ordre économique, social et écologique juste, au niveau mondial comme au niveau national.
6. Au niveau national comme au niveau local, le socialisme défend la complémentarité qui unit la démocratie représentative, la démocratie participative et la démocratie sociale.
7. La laïcité est le fondement de la République et de l’identité française, enrichie par le métissage.
- Les dix questions à trancher
1. Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l’opposition et un conformisme économique au pouvoir : de quelle façon ?
2. Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la richesse ?
3. Que reprendre des modèles progressistes des autres pays et que rejeter ?
4. Il faut pousser l’agilité des entreprises, le goût du risque et l’esprit d’entreprendre, tout en améliorant la situation des salariés et leurs sécurités sociales. Avec quel compromis ?
5. Il faut rééquilibrer le rapport de force entre le travail et le capital par une meilleure répartition du profit. Quels contre-pouvoirs dans l’entreprise ?
6. Comment rompre avec la redistribution passive et bureaucratique comme principal moyen de s’attaquer aux injustices sociales ?
7. Comment améliorer le projet européen pour ne pas oublier les intérêts des peuples et des pays ?
8. Les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient victimes du protectionnisme. Avec quelles nouvelles règles ?
9. Les Etats et le marché doivent assurer la sauvegarde écologique de la planète : quel nouveau modèle de développement ?
10.Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ?
12 décembre 2007
A propos de la visite de Kadhafi : une lettre de Ségolène Royal
Chères amies, chers amis,
Depuis ce matin, pour faire oublier le scandale de la visite de Kadhafi, s’est déclenché un tintamarre avec des annonces de 10 milliards d’euros de contrats : info ou intox ?
Qu’ils soient réels ou pas, rien ne justifie cette visite. Mais il ne faut pas que les français soient, en plus, abusés par la réalité de ces intérêts économiques.
Pourquoi y-a-t-il si peu de transparence, pourquoi si peu de vérification ? Qu’y-a-il de réel dans les 10 milliards de contrats annoncés bruyamment pour étouffer le débat sur les droits de l’homme ?
1. S’agit-il de contrats signés ou de déclarations d’intention ?
2. Quel est le contenu réel de ces contrats ?
3. Combien de délocalisations sont induites par ces contrats ?
4. Quelles sont les garanties en termes de développement d’emploi en France ?
5. La dangerosité de la dissémination du nucléaire a-t-elle été examinée ?
6. Pourquoi n’y a-t-il eu aucun débat à l’assemblée et aucune transparence ?
S’humilier devant Kadhafi, cautionner l’usage du terrorisme, du système de tortures et de disparitions n’est pas digne de la France.
Après les félicitations « chaleureuses » à Vladimir Poutine qui a organisé des élections en muselant toutes les oppositions, voici la réception, en grande pompe et en satisfaisant les extravagances de l’intéressé, du dictateur libyen, le colonel Kadhafi. La France accueille un chef d’Etat qui non seulement a laissé emprisonner et torturer les infirmières bulgares et le médecin palestinien sous la fausse accusation d’avoir inoculé le sida à des enfants, mais qui a financé, pendant des années, le terrorisme international. Personne n’a oublié que les responsabilités des services secrets libyens ont été reconnues par la justice internationale dans l’attentat de Lockerbie en 1988 mais aussi dans celui du DC10 d’UTA en 1989 qui a tué de nombreux Français. C’était aussi le régime libyen qui avait organisé un attentat à Orly en 1983. Quant au peuple libyen, il est la première victime du régime : il n’y a jamais eu d’élections, le colonel Kadhafi est désigné comme dirigeant à vie, et ses opposants n’ont de choix qu’entre la mort et l’exil.
Nicolas Sarkozy, qui annonçait, durant la campagne électorale, une rupture avec la politique étrangère de son prédécesseur (« il vaut mieux serrer la main de Bush que celle de Poutine » avait-il déclaré), en accentue les pires traits jusqu’à la caricature et donne de la France une image à la fois détestable et ridicule. Même si chacun peut s’accorder sur le fait qu’une politique étrangère doit prendre en compte la défense de nos intérêts économiques, et que le monde instable et dangereux dans lequel nous vivons demande que nos dirigeants puissent parler aussi à des personnalités peu respectueuses de la démocratie, il y a des lignes rouges qu’il faut savoir ne pas franchir.
N. Sarkozy nous dit qu’il reçoit le chef d’état libyen parce que celui-ci a renoncé à fabriquer des armes de destruction massive et s’est engagé à lutter contre le terrorisme. Outre que le colonel Kadhafi lui a apporté un cruel démenti en défendant le principe du terrorisme avant de venir à Paris, on constate que seule la France accueille Kadhafi avec de tels honneurs. S’il s’agit de « récompenser » celui-ci d’être revenu à un semblant de respect de la légalité internationale, c’est déjà fait, avec la levée des sanctions qui avaient été prononcées contre la Libye après les deux attentats.
Quant aux fabuleux contrats annoncés par le gouvernement, il faudra en mesurer la réalité. Les entreprises britanniques et italiennes sont mieux placées en Libye que les sociétés françaises. Pourtant, le colonel Kadhafi n’a pas été reçu à Londres ou à Rome. En outre, on peut craindre que ces contrats, outre une hypothétique centrale nucléaire civile, ne portent sur des armements destinés à garantir la survie de la dictature. Personne ne menace la Libye qui n’a donc pas besoin de se défendre contre un agresseur extérieur. En revanche, des hélicoptères servent à mitrailler une foule de manifestants ou à surveiller des déplacements. On peut redouter aussi les risques de revente de toute cette panoplie d’armements à toutes les rébellions de la région en fonction des intérêts du régime libyen. Est-ce de cela dont l’Afrique a besoin ?
Le commerce extérieur français, structurellement déficitaire depuis des années, a lui aussi besoin d’autres mesures : stimulation de l’innovation pour une meilleure insertion dans la compétition internationale, aides adaptées aux PME qui exportent et créent des emplois…
N. Sarkozy est, quant à lui, dans une politique de « coups », qui isole la France de ses partenaires européens. C’est une politique étrangère dénuée de toute morale et de toute cohérence. On est dans le spectacle, un triste spectacle.
Le débat est ouvert.
Amicalement,
10 décembre 2007
Grenelle de l'environnement : illusion perdue ?
Tout changer pour que rien ne change. Une fois de plus, c’est la devise du Guépard que l’on risque de devoir appliquer au Grenelle de l’environnement et la déception pourrait être à la hauteur des espoirs que cette grand’messe avait naïvement suscités.
Nous avions là deux ministres dont la sincérité de l’engagement écologique ne saurait être mise en doute. Associant douceur et fermeté, ils avaient réussi l’exploit de rassembler autour de la table paysans bio et exploitants agro-industriels, ONG environnementales et chimistes – un exploit digne de celui d’un Clinton à Camp David.
Hormis les inflexibles de l’anti-nucléaire, tout le monde était là et tout le monde était reparti plutôt content.
Et puis, peu à peu, le mirage s’estompe.
La divinité bagnole ? Elle reste sur son trône. Non content de ne pas imposer aux constructeurs de limitation de vitesse à leurs bolides, non content de ne pas donner de vrais encouragements à la recherche de carburants alternatifs (l’hydrogène, seule vraie solution d’avenir, est toujours interdit en France !), il aura suffi de quelques courriels de mécontents pour que le ministère renonce à abaisser à 120 km/h la vitesse maximale sur autoroute, comme c’est déjà le cas depuis longtemps en Suisse ou dans les pays nordiques. Au lieu de cela, on met en avant la solution contestable des biocarburants, pour la plus grande joie de – devinez qui ? – les céréaliers.
Les OGM ? Une vraie farce ! On suspend leur semence pendant toute la saison où l’on ne sème pas. Dès le retour du printemps, quand il sera temps de semer, on verra revenir hirondelles et OGM.
Les pesticides ? Alors que leur nocivité pour la santé et l'environnement est amplement démontrée, peut-on encore croire à la volonté ministérielle de réduire leur usage? Dans les Antilles, région sinistrée, le président du Cran vient de démissionner de la mission d’enquête que lui avait confié le ministre Borloo, ne supportant plus, selon ses dires, les pressions lui interdisant toute mise en cause du bien nommé chlordécone, ce pesticide ravageur.
Bref, comme en politique étrangère, c’est la Real Politik qui prend très vite le relais après les belles envolées. On préfère la culpabilisation du simple citoyen à la pression sur ceux à qui la dégradation de l'environnement rapporte des fortunes. Et notre prince – président, pas si puissant qu’il n’en a l’air, apparaît de plus en plus comme le représentant de commerce et le chargé de com des bons vieux lobbies industriels, vrais maîtres de la France.





