15 décembre 2006
La famille Addams fait campagne pour Sarkozy
Ce n’est plus un fan club, c’est la famille Addams ! Après Doc Gyneco (fraude fiscale), Pascal Sevran (propos racistes), Christian Clavier (soupçonné d’abus de bien social), voilà Johnny Halliday qui veut jouer à « Prends l’oseille et tire-toi » !
Voilà ce qu’on appelle du « parler vrai », les propos de notre Jean Smets national sur Europe 1 : «J'en ai rien à foutre. Tout simplement, j'en ai marre, comme beaucoup de Français, de payer ce qu'on nous impose comme impôts, puis voilà, j'ai fait mon choix. Mais j'aime la France et même si je suis résident ailleurs je suis quand même citoyen français, il ne faut pas l'oublier».
Pauvre Johnny. Comme il a des soucis ! On comprend qu’il soutienne Sarkozy, surtout avec le projet de suppression des droits de succession. Si Sarko passe, les plus riches n’auront plus besoin de prouver leur patriotisme en s’exilant en Suisse après avoir été refusés par la Belgique.
Les pauvres, par contre, il vaudra mieux qu’ils s’exilent du côté de la Suède. Est-ce que la France ne serait pas plus belle sans tous ces pauvres ?
11 décembre 2006
Le chiffre du jour : 1500
Non, ce n’est le montant attendu du SMIC. C’est le nombre d’heures d’occupation de nos écrans de télé par le candidat – ministre Sarkozy depuis trois ans. Davantage que Hugo Chavez dans son Venezuela « populiste » ! Imaginez un peu le Sarko show non stop si par malheur les Français le choisissaient ! Imaginez l’Elysée transformé en loft permanent avec Cecilia dans le rôle de Loana !
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Heureusement que les élections ne se gagnent pas à la télé… L’ex-idole de Sarkozy, un certain Balladur, aurait dû l’enseigner à son disciple.
06 décembre 2006
L'instant musical
En provenance directe du Burkina, un clip clandestin dont on ne se lasse pas. Merci à Marie-Françoise et à sa fille !
04 décembre 2006
Votez Bip-Bip !
Ce qu’il y a de spécialement drôle, dans le cartoon de Tex Avery, c’est le côté répétitif. De chaque machine infernale patiemment construite par le coyote, Bip-Bip s’échappe sans effort tandis que le piège se referme douloureusement sur son auteur.
Il y a du Bip-Bip chez Ségolène. Il y a du coyote chez ses adversaires. La fausse polémique montée de toutes pièces par la droite française à l’occasion du voyage de la candidate au Liban est en train de faire pssht. En attendant, les gazettes ne parlent que d’elle et de sa tournée « présidentielle » au Liban. De quoi rendre jaloux un certain ministre des Affaires étrangères dont j’ai oublié le nom.
19 novembre 2006
In memoriam Georges Frêche
J'ai croisé il y a bien longtemps un certain Georges Frêche, excellent professeur d'histoire, fier de sa ville de Montpellier dont il se plaisait à rappeler qu'elle abrite la plus ancienne université de médecine de France.
Cette ville, il l'a fait entrer dans l'ère des nouvelles technologies. Il l'a rénovée de fond en comble, lui a donné un centre animé mariant avec bonheur l’élégante architecture 18ème de la place de la comédie avec le classicisme post-moderne de Bofill. Nouant des relations privilégiées avec sa grande sœur Barcelone, il a fait de sa petite capitale une sorte de phare de la régionalisation réussie. Les Parisiens en mal de soleil et de joie de vivre s’y sont précipités en rangs serrés.
Oh, certes, il a toujours eu sa "grande gueule", on est comme ça nous autres les gens du Midi, et ses concitoyens l'appréciaient aussi pour cela. Il menait certes de drôles de guerres picrocholines avec un certain Blanc, son ennemi juré, l’homme dont il dénonçait à l’époque les accointances douteuses avec le Front National et dont l’hôtel de région narguait sa mairie. Alors, (on ne parlait pas encore de réchauffement climatique), il laissait allumées les lumières de son dernier étage pour empêcher l’hôtel de région de se refléter dans le canal, alors que Blanc l'avait construit là justement à cause du reflet. La vie politique du sud connaît parfois ce genre de gamineries.
Si je parle de lui à l’imparfait, c’est parce que le Georges Frêche dont il est question ici est mort. Un « body snatcher » venu d’une autre planète s’est emparé de son cerveau et lui a fait tenir des propos que le Pen lui-même ne profèrerait pas sans rougir. Triste fin pour un grand édile qui fut socialiste et que notre parti ne saurait, sans se déshonorer, conserver plus longtemps dans ses rangs.
Voici, sur un ton plus pondéré, ce qu’a déclaré Ségolène dès qu’elle a eu connaissance des propos en question :
"Il faut redire ici toute la fierté que nous avons pour l'équipe de France. Ces footballeurs nous font honneur, font honneur à la France : ça mérite d'être redit aujourd'hui. Si ces propos ont été effectivement tenus, ils sont insupportables. Ce sera au PS de prendre une décision, conformément à ses statuts. Il faut que Georges Frêche s'explique".
Cette relative modération s'explique facilement quand on pense à la façon dont les propos de Ségolène ont été déformés pendant cette précampagne. Georges Frêche serait-il victime des mêmes déformations "bien intentionnées" ? Connaissant un peu le bonhomme, j'en doute. Le politiquement incorrect, il le savoure comme une petite anisette. Mais son politiquement incorrect à lui sent diablement mauvais.
Plus « royaliste » pour une fois que Ségolène, j’ose écrire ici qu’il faut que Georges Frêche, ce Georges Frêche que j’ai admiré, se taise enfin et s'en aille.
27 octobre 2006
La joute nautique
Vous connaissez sans doute cette BD de Greg où le héros, Achille Talon, doit affronter son meilleur ennemi Lefuneste dans une joute nautique. Le papa d'Achille le prépare si bien, l'entraînement est si intensif, qu'au jour de la compétition Achille s'effondre, totalement épuisé. Souhaitons qu'il n'en aille pas de même du candidat que nous aurons désigné au terme d'un processus de sélection darwinien sans précédent dans l'histoire de notre république.
26 octobre 2006
Pour un statut de l'élu
" Comment donc ? Des jurys de citoyens tirés au sort pourraient porter un jugement sur l’action de leurs élus ? Mais c’est du bolchévisme !…" Il y a quelque chose de risible dans la violence de certaines réactions suscitées par les propos de Ségolène. D’autant plus risible quand ces réactions viennent d’élus de droite toujours prompts à fustiger le corporatisme des autres professions et à réclamer pour les fonctionnaires l’instauration du salaire au mérite !
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Disons-le franchement. Il y a peu de métiers aussi difficiles que celui d'élu, toujours exercé en CDD, et particulièrement mal payé à responsabilité égale. Comme si cela ne suffisait pas, éternels mal aimés, les voilà accusés de tout ce qui ne va pas dans la république, réaction plutôt logique dans un pays où, depuis au moins Louis XIV, l'on a coutume de penser que l'Etat peut tout et est responsable de tout. Pensez donc ! Quand les poissons viennent à manquer pour cause de surpêche, voilà que l'on manifeste comme si le ministre, tel Jésus-Christ, avait le pouvoir de multipler les poissons dans la mer ! Les critiques fusent d'autant plus contre les élus que ceux-ci, comme des gladiateurs, sont condamnés à se combattre sans cesse les uns les autres pour assurer leur propre réélection. Voilà bien un effet pervers de la démocratie représentative !
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En tant qu’élue, Ségolène vit cela et ne peut se satisfaire du "tous pourris" ambiant qui mine notre démocratie. Et elle a évidemment le souci de ne pas se couper de ceux qui l’ont choisie. C’est pourquoi elle appelle de ses vœux une instance citoyenne qui permettrait de s’assurer périodiquement que l’on ne fait pas fausse route. Cela participe de sa volonté de donner un vrai statut aux élus, afin de les aider à être toujours plus professionnels et efficients tout en restant très proches du peuple. Et , c'est quand même la moindre des choses, en étant assurés de bénéficier de la même "sécurité sociale professionnelle" s'ils se retrouvent au chomage !
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Qu'y a-t-il d'anormal dans le fait de rendre périodiquement des comptes à ceux qui nous paient ? Dans l’entreprise où je travaille, chaque semestre l’ensemble des cadres ou agents de maîtrise, adjoint du PDG inclus, doivent passer un entretien avec leur supérieur hiérarchique direct. Ils examinent ensemble la façon dont les objectifs ont été remplis et les raisons pour lesquelles ils ont éventuellement été manqués. Cet entretien se poursuit par la définition des objectifs négociés des six mois à venir et des moyens à mettre en œuvre pour les atteindre, en termes de budget, de formation, de soutiens divers. A l’issue de l’entretien, le supérieur fait son évaluation et attribue le montant de la prime.
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Et si, s'inspirant de cet exemple, nous réclamions le salaire au mérite pour les élus, salaire calculé en fonction des résultats évalués par un jury d’experts indépendants ? Non, je rigole…
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Là où je ne rigole plus, c'est quand on compare Ségolène à Robespierre ! Depuis des lustres, sans que cela choque personne, ce sont portant douze citoyens tirés au sort qui peuvent décider si l’on va couper ou non la tête d’un homme ou, depuis l’abolition de ce crime légal, si Monsieur Machin est innocent ou coupable, et s’il doit écoper ou non de la prison à vie. Est-ce que l’honneur et la liberté du citoyen lambda seraient moins importants que la tranquillité (toute relative) des élus ?
22 octobre 2006
Tranche de vie : "Quel dommage que Madame Royal soit de gauche"
Chacun ses vices. Sensible au "charme discret de la bourgeoisie", j'adore discuter politique avec des notables de droite. Force est de constater qu'ils sont généralement d'une courtoisie exemplaire et, amateurs de curiosités, toujours émoustillés à l'idée de dialoguer avec un petit-fils de meunier, un non-divorcé toujours amoureux de sa femme ou (encore plus exotique !) un socialiste candide. L'occasion m'en a été donnée pas plus tard que dimanche matin à la Sorbonne...
Invitation renvoyée trop tard, grasse matinée prolongée à en avoir des crampes, erreurs de parcours (mais qu'est-ce que je fais à Montparnasse ???) : j'avais mis toutes les "chances" de mon côté pour ne pas avoir de place. Un psy y décèlerait ma culpabilité de délaisser le foyer domestique le jour de l'anniversaire de mon fils unique, la chair de ma chair ! Mais une invitation de Ségolène, j'en demande pardon aux valeurs familiales qu'elle défend si bien, ça ne se refuse pas !
Bref, me voici en Sorbonne où, comme dans un jeu vidéo, il faudra encore franchir deux ou trois niveaux de filtrage et plaider ma cause avec un pouvoir persuasif digne du camarade Arnaud pour arriver enfin dans le saint des saints, ce grand amphithéatre prestigieux. Sans réfléchir, je grimpe les marches en vitesse et me voici tout en haut, à la montagne. Mais cette montagne-là n'a rien de révolutionnaire...
Suite à un bouleversement d'horaire, bon nombre d'habitués non prévenus étaient venus applaudir... Pierre Arditti ! C'est dire la déception de ma voisine de devant, pour ne citer qu'elle, quand, à la place du "Français le plus sexy" selon un classement du journal Elle, elle se voit infliger la prestation d'une femme qui certes "a bon genre et ne manque pas de classe" mais professe (quelle horreur !) des idées de partage des richesses ! Pour détendre l'atmosphère (et aussi à la recherche, qui sait ?, d'un soutien), je lance un très drolatique "y a-t-il un socialiste dans la salle ?" ne provoquant, comme un pavé dans la mare, que quelques gloussements entendus. Bien résolu à faire mon "outing" jusqu'au bout, je crois bon d'ajouter "il y en a au moins un : moi", provoquant aussitôt des pincements de nez dégoûtés comme si je venais d'émettre un pet sonore (cela arrive...).
Paraît Ségolène. Rayonnement du sourire, crépitement des flashs... J'applaudis à me déboîter les poignets. "Vous êtes un de ses groupies" me lance mon voisin de droite (c'est le cas de le dire) d'un air narquois. "Oui, et ma femme en est jalouse" plaisantè-je. Mais non, bien sûr. Pas de fan club chez Ségo, ni autographes ni photos dédicacées ! Et je le regrette bien ! Ce serait tellement plus fun de se contenter, comme avec d'autres candidats, de faire ce que je fais ce matin-là, applaudir aux discours avant de partir distribuer les tracts. Au lieu de ça, il faut "mobiliser notre intelligence collective", comme elle dit, à en avoir la cervelle en sueur ou à sauter tout nu de sa baignoire, comme Archimède, en criant "Eureka : j'ai trouvé comment donner aux Français l'envie d'adhérer au parti socialiste ! " Mais ça, elle a trouvé avant moi...
Ségolène attaque le plat de résistance : la crise démocratique. "60% des Français estiment que les hommes politiques sont corrompus", lâche-t-elle, "Il existe un doute profond sur les raisons au nom desquelles le pouvoir est exercé". "Là, elle a raison", concède mon militant UMP de voisin. Puis, explication de texte sur la démocratie participative : pas contraire à la démocratie représentative mais permettant aux citoyens d'être associés aux diagnostics et aux décisions dans l'intervalle entre deux élections.
On passe aux questions - réponses, la Turquie, l'accusation de populisme ("Je n'ai pas peur du peuple. (...) Si le peuple français a dit non au traité européen, c'est parce qu'il a le sentiment d'avoir été écarté de la construction européenne et surtout des questions les plus simples, comme celle de son élargissement". Mes voisins applaudissent chaudement. Moi, plein de délicatesse, je fais comme si je n'avais rien vu. "Il ne faut pas confondre réunion de décision et simple réunion d'information où l'on ne tient aucun compte des avis. Les citoyens sont exigeants et, si on les trompe, leur déception nous revient comme un boomerang très douloureux". Applaudissements frénétiques de mon UMP qui, pris en flagrant délit de ségolisme, s'excuse d'un "Je ne suis pas sectaire !" Moi non plus, cher Monsieur, devant ma télévision, j'ai même applaudi le discours de de Villepin s'opposant à la guerre en Irak.
C'est le moment pour Ségolène de définir sa conception du métier de présidente (je cite de mémoire). "Le chef de l'Etat mettra en place un pacte social. Le projet présidentiel se noue avec le peuple pendant la campagne, c'est ce qui va fonder la responsabilité du chef de l'Etat." Et Ségolène d'abattre sa carte maîtresse : "Le thème fondateur de ce pacte, c'est la réduction des inégalités, dont la principale oppose les familles qui peuvent transmettre leurs valeurs, un logement, un métier (...), s'inscrire dans la lignée des générations, et celles (...) confrontées à une rupture fondamentale du pacte social." Tout en frappant malgré lui dans ses mains, qui semblent désormais animées d'une volonté propre (pas facile pour un homme de droite de cohabiter avec des mains de gauche !!!) mon UMP pas sectaire me confie d'un air déçu : "Finalement, elle est vraiment de gauche. Comme c'est dommage !". Mais bien sûr que Ségolène est de gauche ! Tout son entourage, sa garde rapprochée, est de gauche. Elle est viscéralement de gauche, avec presque un soupçon de sectarisme. Peut-être pour la même raison que Madelin est de droite : par opposition envers son papa...
Encore beaucoup de questions, d'ordre juste et de misère de la Justice, de "nouvelle donne à définir avec les jeunes" : "Il faut déclencher un mouvement de solidarité entre les générations. Je suis favorable à ce que tous les étudiants puissent avoir des unités de valeur en plus s'ils font un travail de tutorat envers les jeunes en difficulté scolaire". Au fait, qui a dit qu'elle n'avait pas d'idées ? La vraie difficulté, pour elle et pour son équipe, c'est de faire la synthèse entre 30 000 contributions déjà glanées sur le site Désirs d'avenir, sans parler des autres débats, le plus grand remue-méninges de l'histoire de France depuis les cahiers de doléances en 1788 !
A-t-elle un modèle ? Elle avoue sa préférence pour le nordique, même s'il n'est pas parfait, tout en reconnaissant de l'intérêt aux exemples anglo-saxons quand il s'agit de capacité d'entreprendre. Mais la France a d'autres talents. Elle ne doit pas imiter à l'identique mais regarder en toute modestie ce qui marche ailleurs.
Les dernières questions - réponses achèvent de brosser le portrait d'une authentique politique de gauche : pénalités contre les délocalisations purement financières, appel à l'intelligence des salariés pour trouver de nouveaux crénaux pour les entreprises en difficulté (elle l'a fait et ça marche), priorité donnée aux quartiers qu'elle se refuse à qualifier de "pauvres", riches qu'ils sont de créativité et de talents.
Le camp UMPiste ne rigole plus. Ultime tentative pour contrer l'échec et mat : "Votre Royal traine le PS comme un boulet. Vous qui semblez avoir de l'influence, conseillez-lui de s'en séparer". Je le scrute au fond des yeux : il ne plaisante pas. "Il nous faudrait quelqu'un comme ça à la tête de l'UMP" ajoute-t-il au bord de l'agonie. Magnanime, je veux l'aider à positiver : "Vous avez Alliot-Marie". Outré, vaincu, il ricane et me plante là sans me serrer la main. Pas très fair play pour quelqu'un de pas sectaire...
Lisez le compte-rendu de l'intervention de Ségolène Royal dans Libération .
15 octobre 2006
Que le meilleur perde ?
"De la discussion jaillit la lumière" disait Pascal. Alors débattons, oui, mais pas n'importe comment.
Six débats télévisés publics où tout un chacun, à commencer par les leaders de la droite, pourra se délecter du spectacle de rivalités internes, de petites phrases assassines. Est-ce bien raisonnable ? Saura-t-on éviter les dérapages ? N'est-ce pas donner des verges pour se faire battre ?
Combien de débats publics télévisés ont précédé le vote des militants pour choisir entre Jospin et Emmanuelli en 1995 ? Aucun !
Le parti sortira-t-il grandi de cette médiatisation exigée par ceux-là même qui, souvent, dénoncent la médiatisation ?
Un best-seller politique paru en 1986 prétendait que l’objectif caché des partis politiques était de perdre les élections, la situation d’opposant étant tellement plus confortable ! Je n'ose le croire...
12 octobre 2006
Et si nous entrions enfin dans le 21ème siècle ?
Quand je considère nos politiciens actuels, je vois trop souvent des voyageurs temporels issus d’une autre époque.
A la Maison Blanche comme dans les maquis talibans, les pendules se sont arrêtées au Moyen-Age : sus aux infidèles !
En France même, aux côtés d’un de Villiers qui voudrait jouer le deuxième round de la guerre de Vendée, d’un le Pen nostalgique de l’Etat français, c’est au capitalisme sauvage de Zola ou des Misérables que les partisans de la rupture de droite, emmenés par un Javert de sous-préfecture, voudraient nous ramener.
Et tandis que la droite « civilisée » veut continuer l’œuvre de Colbert, une partie de la gauche elle-même a les yeux tournés vers le passé. D’aucuns rêvent d’une « république européenne », laïque et indivisible, comme aux temps des guerres de la révolution. D’autres persistent à penser que nous vivrions dans un monde meilleur si Staline n’avait malencontreusement éliminé Trotski. D’autres voudraient rejouer la glorieuse saga de 1981. D’autres encore donner sa revanche, avec presque trente ans de retard, à cette nouvelle gauche rocardienne karchérisée au congrès de Metz. Ces idées sont intéressantes, certes, mais sont-elles à la mesure des défis de notre XXIème siècle, siècle de tous les dangers ?
Il me semble (mais mes connaissances sont limitées…) que les personnalités politiques ayant compris notre époque peuvent se compter sur les doigts d’une main. Zapatero et Lulla, sans doute, Al Gore à coup sûr, et bien évidemment Ségolène.
Dépassant la social-démocratie, c’est de développement durable (concept de la social-démocrate norvégienne Harlem Brundtland) que nous avons aujourd’hui besoin. Concept fédérateur, salué avec plus ou moins d’hypocrisie aussi bien par les multinationales du pétrole que par les alter-mondialistes ! Mais concept qui, appliqué sincèrement et à la lettre, répond parfaitement à notre besoin d’un « ordre juste » avec ses trois piliers, qui sont l’efficacité économique, la solidarité sociétale et l’excellence environnementale.
Dans ce siècle de tous les dangers, deux voies s’offrent à l’humanité. Comme dans le Seigneur des anneaux ou la saga de la guerre des étoiles, nous sommes réduits à un choix manichéen : l’ombre ou la lumière.
L’ombre, il suffit de se tourner vers les USA de M. Bush pour voir à quoi elle ressemble : chacun pour soi, des médias sous contrôle, des flics, des murs et des miradors pour veiller sur le sommeil des riches, et la guerre impériale pour cimenter le tout.
La lumière, c’est à notre génération qu’il revient de la faire jaillir.
Les nouvelles technologies (énergies douces, Internet et Web 2.0…) nous apportent, pour la première fois dans l’Histoire, les outils matériels de cet âge d’or dont l’Homme a toujours rêvé et qu’il s’est toujours appliqué à empêcher.
Avec les réseaux de pairs peut se développer une société de la gratuité et de la démocratie directe, non pyramidale, où chacun est reconnu à proportion de ce qu’il apporte vraiment à la communauté. C’est cela l’intelligence collective, la démocratie participative, et c’est bien plus qu’un gadget ou qu’un slogan électoral.
Avec l’économie de l’information, où, à l’encontre du monde industriel, chaque unité produite en plus de la première ne coûte rien, le monde non marchand devient une pièce essentielle de l’économie globale, comme l’avaient rêvé les utopistes de tous les temps.
De même, avec le solaire, l’énergie elle-même devient gratuite une fois remboursé l’investissement initial. C’est une autre logique, un autre monde.
Ce monde, c’est à nous qu’il revient de le concevoir, de le produire. C’est à cela que de trop rares personnalités politiques, dont Ségolène, nous invitent. Et c’est pourquoi, quand il s’agit d’élire le candidat socialiste, nous n’avons pas le droit d’obéir à un réflexe de désignation du plus ancien dans le grade le plus élevé. Nous avons besoin de quelqu’un qui nous montre l’avenir. Et qui nous y emmène par la voie la plus sûre et la plus sereine, par la "maïeutique" du débat, et sans laisser les plus démunis au bord de la route. Ne manquons pas ce rendez-vous.






