Orge et Yvette pour Ségolène

Blog du comité désirs d'avenir de l'Orge et de l'Yvette

30 juin 2008

La croissance selon Philippe Aghion

aghionProfesseur à Harvard, conseiller économique de Ségolène Royal, Philippe Aghion a animé le 24 juin dernier un débat organisé à Orsay par le Groupe Socialiste d’Entreprises « Enseignement Supérieur, Recherche, Innovation » du Plateau de Saclay. Le thème : la croissance, pour quoi faire, avec quelles solutions ? Un débat très animé avec un orateur passionné et parfois paradoxal, voire provoquant… Compte-rendu. 

Pourquoi faut-il libérer la croissance ? Nous en avons besoin pour financer nos retraites, notre système de santé, etc. Mais il faut produire autrement, avoir une croissance durable grâce à l’innovation (énergies renouvelables, etc.).

Les solutions proposées par l’orateur pour libérer la croissance s’appuient sur des études économétriques menées sans a priori avec les instruments statistiques sophistiqués dont on dispose aujourd’hui. Philippe Aghion avoue s’être fait piéger en participant à la commission Attali, dont les conclusions ont été totalement dénaturées et détournées par le gouvernement actuel (qui s’en étonnerait – NDLR).

Que disent ces études ? Jusqu’aux années 70, l’Europe avait une croissance plus forte que les Etats-Unis.

Depuis 1995, c’est le contraire.

Que s’est-il passé ?

La croissance européenne des trente glorieuses est une croissance de rattrapage.

La France a gardé les institutions correspondant à cette période :

-          Un système éducatif qui délaisse le supérieur.

-          Une faible mobilité des salariés.

-          Une concurrence limitée (c’est l’époque du « capitalisme monopoliste d’Etat).

-          Des subventions bancaires facilitées.

La mondialisation, avec la concurrence des pays émergents, nous impose de devenir une économie innovante. Mettre davantage d’argent ne suffit pas. Il faut des réformes structurelles pour changer l’université, l’entreprise et la politique (avec la démocratie participative).

La politique gouvernementale va à rebours de ce qu’il faut faire. Le paquet fiscal est un non-sens. Il faudrait employer ces 15 milliards par an à la sécurisation des parcours professionnels, à donner des compensations aux perdants de la libéralisation des marchés (exemple : les taxis) et à l’enseignement supérieur.

Il faut d’autres institutions.

-          Un système éducatif davantage tourné vers le supérieur (l’Europe y consacre 1,3% de son PNB contre 3% aux USA). Plus un Etat est avancé, plus sa croissance est tirée par l’enseignement supérieur. Les USA consacrent plus de 1000 $ par étudiant. La France pourrait gagner 0,3 points de croissance en dix ans si elle investissait autant que la Finlande dans le supérieur. La commission Attali disait qu’il fallait débourser 8,9 milliards d’euros. Le gouvernement a préféré consacré l’argent d’EDF à réduire la dette publique.

-          L’effet des universités sur la croissance est doublé si l’autonomie s’ajoute au financement accru. La Suisse, la Suède ont des universités très performantes bien que gratuites. Mais elles sont autonomes et l’on ne craint pas d’y évaluer et récompenser les performances des enseignants.

-          Des passerelles entre l’université et l’industrie.

-          Une R&D plus puissante (l’Europe y consacre 2,5% de son PNB contre 3% aux USA). Statistiquement, plus une industrie fait de R&D, plus elle est productive.

-          Davantage de capital risque.

-          Libérer la concurrence, qui stimule les entreprises performantes… et décourage les autres. C’est pourquoi il faut sécuriser les parcours professionnels.

-          Un marché du travail plus mobile. La réglementation du marché du travail s’oppose à la croissance. Mais il ne s’agit pas de déréglementer n’importe comment. Il faut une « flexisécurité ». L’offre de travail augmenterait si l’entreprise était plus agréable à vivre. La mobilité doit devenir une force de qualification.

-          Une refonte de l’impôt. Fusionner l’IRPP avec la CSG et faire le tout beaucoup plus progressif. Imposer davantage le patrimoine.

-          La démocratie participative. Elle sert à évaluer les politiques publiques et à exercer un contrôle par le bas. Elle donne la priorité au dialogue social avec des commissions de consensus regroupant experts, juristes, citoyens… La gauche doit redonner le pouvoir aux gens. Par exemple, la cour des comptes devrait être responsable devant le Parlement, les associations devraient pouvoir saisir le préfet, etc.

A long terme, la croissance dépend de la libéralisation du marché des produits, de l’éducation et de la recherche. A court terme, c’est la libéralisation des produits et l’offre de travail.

Il faut un changement de mentalités. Aujourd’hui, on se méfie des marchés, les employés sont maltraités et, faute de dialogue social, il y a méfiance réciproque entre employés et employeurs.

Nous devons construire une société qui donne priorité au dialogue.

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07 avril 2008

Consultation participative

comment le Congrès du PS peut-il être utile aux Français ?

Chères amies, Chers amis,

Je vous prie de trouver ci-joint l'initiative que nous prenons, en vue du Congrès du Parti socialiste, pour lancer un débat de qualité, utile aux Français. Le texte en a été publié aujourd'hui.

Je compte sur vous pour nous rejoindre et apporter vos idées sur le site qui sera spécialement créé pour vous accueillir. Elles nous permettront d'aboutir à une belle contribution dont nous seront toutes et tous coauteurs.

Amitiés

Ségolène

Dans un monde qui se transforme à vive allure et dans une France où même ceux qui se croyaient à l’abri sont en proie à l’inquiétude, les socialistes doivent répondre à de nouvelles questions.

Aujourd’hui la précarité envahit tout, l’initiative économique est en panne, les inégalités n’ont jamais été aussi insolentes, l’incertitude pèse sur le rôle de la France dans le monde. Nous devons apporter la preuve de l’efficacité de l’action politique et la mettre au service de notre idéal commun.

Nous lançons cette consultation participative dans la cohérence des valeurs bâties pendant la campagne présidentielle et dans la volonté de prolonger les voies tracées par les Forums de la rénovation du PS.

Sachant que les questions bien posées permettent les réponses pertinentes, nous pensons utiles de prendre un temps pour bien formuler les questions à trancher (3), en s’appuyant sur les sources d’inquiétudes des Français (1) et sur nos valeurs (2).

C’est pourquoi ce document propose, sur cette base, de lancer des discussions et de susciter des réactions : vous pouvez modifier ou compléter la formulation des thèmes qui vous sont proposés. Un site Internet sera spécialement ouvert pour cela.

Ce questionnaire est une étape très importante pour structurer le travail de fond qui, enrichi par ces échanges, aboutira à une proposition prenant la forme d’une contribution au Congrès du PS.

La consultation s’adresse aux militants du PS, en lien avec les sympathisants et les forces vives qui attendent beaucoup de nous face aux dégradations de toutes sortes commises par la droite.

L’une des questions majeures autour de laquelle s’organise notre réflexion est la suivante : définir les droits et les devoirs des responsables politiques, de la société et des personnes, de telle sorte que la liberté de réussir sa vie ne soit pas le privilège de quelques uns mais l’ambition garantie à tous.


Premiers coauteurs de ce document : les membres du conseil politique, qui se réunit le mardi autour de Ségolène Royal, les responsables des groupes de travail (par exemple sur la santé), des présidents de régions et élus qui suivent et participent aux réunions. Cette liste est ouverte à toutes celles et tous ceux qui voudraient participer à l'initiative que nous lançons.


Ségolène Royal

François Rebsamen

Vincent Peillon

Jean Louis Bianco

Manuel Valls

Gilles Pargneaux

Delphine Batho

David Assouline

Guillaume Garot

Aurélie Fillipetti

Michel Sapin

Jean-Pierre Mignard

Jean-Jack Queyranne

Jacques Auxiette

Nadjat Belkacem

Pascal Terrasse

Dominique Bertinotti

Michèle Delaunay

Jean Guerard


- Les dix sources d’inquiétude des Français

1.     un capitalisme qui perd la tête ;

2.     la dégradation du niveau de vie ;

3.     les fragmentations et le descenseur social  à l’intérieur ; la perte de compétitivité de la France à l’extérieur ;

4.     l’affaiblissement de la valeur travail et l’exagération de la valeur du capital ;

5.     le trouble qui pèse sur l’identité française, secouée par les peurs de l’autre ;

6.     le doute sur l’efficacité de l’Etat ;

7.     le scepticisme sur la réalité de l’égalité des chances par l’école ;

8.     l’Europe perçue comme indifférente au sort des citoyens ;

9.     les désordres du monde et les interrogations sur la fin de l’hégémonie occidentale ;

10.une planète menacée d’autodestruction.

- Les sept valeurs et objectifs qui nous guident

1.     Le monde a changé. Le socialisme doit changer pour rester fidèle à sa mission.

2.     Le bien-être de tous exige que l’économie de marché et la concurrence ne dictent pas leur loi désordonnée au service d’intérêts particuliers.

3.     La volonté publique et l’Etat organisent la conciliation de l’intérêt général et des préoccupations des gens, notamment à travers les services publics.

4.     La lutte contre toutes les formes d’injustices et de discrimination est au cœur du droit de chacun à la réussite individuelle.

5.     Les socialistes doivent participer à la construction d’un ordre économique, social et écologique juste, au niveau mondial comme au niveau national.

6.     Au niveau national comme au niveau local, le socialisme défend la complémentarité qui unit la démocratie représentative, la démocratie participative et la démocratie sociale.

7.     La laïcité est le fondement de la République et de l’identité française, enrichie par le métissage.

- Les dix questions à trancher

1.     Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l’opposition et un conformisme économique  au pouvoir : de quelle façon ?

2.     Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la richesse ?

3.     Que reprendre des modèles progressistes des autres pays et que rejeter ?

4.     Il faut pousser l’agilité des entreprises, le goût du risque et l’esprit d’entreprendre, tout en améliorant la situation des salariés et leurs sécurités sociales. Avec quel compromis ?

5.     Il faut rééquilibrer le rapport de force entre le travail et le capital par une meilleure répartition du profit. Quels contre-pouvoirs dans l’entreprise ?

6.     Comment rompre avec la redistribution passive et bureaucratique comme principal moyen de s’attaquer aux injustices sociales ?

7.     Comment améliorer le projet européen pour ne pas oublier les intérêts des peuples et des pays ?

8.     Les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient  victimes du protectionnisme. Avec quelles nouvelles règles ?

9.     Les Etats et le marché doivent assurer la sauvegarde écologique de la planète : quel nouveau modèle de développement ?

10.Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ?

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31 janvier 2007

Rappel : ne manquez pas le débat du 1er février à Marcoussis

Demain jeudi 1er février, le forum sur l'enseignement professionnel aura lieu comme prévu à 20h30 dans la maison des associations, rue Alfred Dubois, Parking des acacias avec la participation de Stéphane du Crest.

Proviseur du lycée l'Essourriau des Ulis (et accessoirement maire PS de Gometz…), Stéphane a mis en place des méthodes pédagogiques décoiffantes pour briser la spirale de l'échec, comme le refus de noter les élèves avant l’âge de seize ans (voir sur ce blog l’article du 27 novembre).

Nul doute que ce débat permettra de sortir des sentiers battus et d’apporter des propositions vraiment innovantes pour l’avenir des jeunes et l'égalité des chances !

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19 janvier 2007

Agriculture biologique : le débat continue

Le compte-rendu partiel et partial publié sur ce blog a fait réagir des participants. Nous retranscrivons ici leurs courriels.

Jean-Pierre :

« Voici trois remarques qu'il serait souhaitable d'introduire dans ce compte-rendu qui est, pour l'essentiel, fidèle au déroulement des débats.

1 - Il n'est pas bon de laisser penser que les avancées scientifiques ou techniques seraient à l'origine de tous nos maux ! L'augmentation de la productivité agricole et de la sécurité alimentaire permet de fournir une nourriture saine et abondante à une grande  majorité de nos concitoyens. Présenter l'abandon des vaccins et le recours à l'homéopathie comme une panacée est irresponsable dans un projet socialiste.

2 - L'un des grands problèmes français est la désertification d'une grande partie du territoire (agricole) au détriment des grandes métropoles. C’est l'origine de nombreux problèmes de société que nous connaissons actuellement.

3 - Le rôle dominant de la grande distribution, qui contrôle désormais l'essentiel des filières alimentaires, allant du producteur (prix d'achat) au consommateur (prix de vente) a  été évoqué et doit être au centre des préoccupations d'un prochain gouvernement. C'est la clef de la plupart des problèmes actuels de l'agriculture : diversité et qualité des produits, réduction critique des emplois agricoles , non respect de l'environnement.

Ces remarques suscitent cette réaction de Frank-Olivier :

«  Je suis entièrement d'accord avec Jean-Pierre sur ses deux derniers points, mais absolument pas avec le premier.

L'augmentation de la productivité agricole n'a engendré que des catastrophes :

- Catastrophes sociales : désertification des campagnes, diminution terrible de la population agricole, nombre élevé de suicides chez des agriculteurs qui ne peuvent pas suivre et ne voient aucune avenir dans leur métier....

- Catastrophes écologiques: pollution des nappes et des rivières, dangerosité des produits utilisés, arasement des talus, arrachages des haies, baisse importante de la biodiversité...

- Catastrophes économiques : je suis farouchement pour la souveraineté alimentaire des pays. La nôtre est effective depuis le milieu des années 60. Depuis on produit des excédents subventionnés par nos impôts et qui inondent les marchés des pays du sud qui sont sous dépendance et ne peuvent mettre en place chez eux une agriculture vivrière qui fasse travailler les agriculteurs.

- Quand au côté sain des produits, j'ai suffisamment côtoyé le monde agricole et les industriels agro-alimentaires pour savoir qu'il n'y a plus grand chose de sain derrière ce que l'on trouve en supermarché. Je peux vous citer moult études disponibles sur le sujet. Par exemple, 60% des fruits et légumes européens présentent des traces non négligeables de résidus de produits toxiques. Jusqu'à 40 molécules différentes sur les pommes! On produit aujourd'hui en France de la viande à coup de soja OGM brésilien importé à grands frais, à coup d'émissions de CO2 et d'antibiotiques dans des élevages hors-sols qui ne savent plus où épandre leurs lisiers. Voir l’exemple de la Bretagne.

Nous n'avons pas encore parlé de l'irradiation des aliments, qui fait secrètement son chemin et qui sera le problème sanitaire de demain. Chaque chose en son temps, la lutte pour une agriculture plus respectueuse de l'environnement et des personnes qui la consomment me parait être notre préoccupation du jour.

(NDLR - A propos d’irradiation, avez-vous lu cet entrefilet dans le Nouvel Obs ? Selon l'American Center of Disease Control, le Polonium 210 serait à l'origine de 90% des cancers du poumon chez les fumeurs, les goudrons n'étant pour leur part pas mis en cause. Ce polonium dégagé par la fumée est dû à l’utilisation de phosphate de calcium dans les plants. Cette info est passée quasi inaperçue ! )

Jean-François revient sur la non vaccination des animaux, point apparemment le plus contesté du cahier des charges du bio. Frank-Olivier réagit à ce courriel…

JF : Un vaccin n'est pas un produit chimique de synthèse, mais le plus souvent un produit biologique, pour ne pas dire "bio" (virus inactivé).

FO : Certes, mais quel est le support qu'il utilise ? Quelles sont les doses utilisées ? Quid du problème des résistances, des souches virales mutantes (ex: H5N1) ?

JF : Si la majorité du cheptel n'était pas vaccinée (imaginons un monde où tout le monde serait en "bio"), les épidémies seraient sans doute plus importantes qu'actuellement.

FO : Non (cf. grippe aviaire, peste porcine...). Je pense que le bon sens de la nature nous dicte que lorsque nous mettons des animaux dans de bonnes conditions sanitaires, alimentaires, dans des espaces suffisants et adaptés à leur espèce, on peut se passer de tout ça. Les vaccins n'aident que l'agriculture industrielle à protéger ses dizaines de milliers de poulets en batterie à 10 au m2 contre la moindre affection qui emporterait tout le lot. C'est une chimère qui rassure les agriculteurs, enrichit les labos, et justifie le travail de tous les inactifs agricoles (2 pour 1 !)

JF : On peut faire la même remarque pour les traitements phytosanitaires : les "bio" sont pour l'instant plutôt préservés de la pression des maladies par le fait que leurs voisins "traitent".

FO : C’est faux et j'en ai des preuves personnelles : des doryphores sur des cultures de pommes de terre et sur nos plantes aromatiques.

JF : De plus, les années climatiquement favorables au développement des maladies peuvent induire de fortes baisses de production. Ceci pourrait donc conduire au retour des "bonnes" et "mauvaises" années, marquées par une importante irrégularité des rendements, ce qui n'est pas très bon pour la stabilité des marchés.

FO : C'est la loi du marché et nous avons les moyens et les connaissances aujourd'hui pour nous en prémunir ou nous couvrir de façon importante.

JF : Concernant la recherche agronomique, elle ne vise pas forcément à accroître le rendement, mais à permettre un rendement suffisant pour préserver les revenus de l'agriculteur tout en préservant l'environnement.

FO : Toujours plus de produits, toujours plus de  « bidouillages » génétiques, toujours plus de mécaniques au détriment du bon sens, de l'observation et de l'empirisme qui, pendant des siècles, a fait avancer cette science. De toutes façons, les revenus d'un agriculteur sont aujourd'hui dépendants entre 50 et 80% des aides communautaires. Il y a longtemps qu'ils ne vivent plus de leur travail et de leurs rendements.

JF : Le compte-rendu a omis le souci que j'ai vis à vis des productions agricoles "non alimentaires" comme les biocarburants, qui vont devenir fort lucratives et pour la production desquelles il sera tentant d'utiliser des techniques de production intensives, et donc peu respectueuses de l'environnement.

FO : Pour une fois, je suis 100% d’accord. C'est en effet un leurre et le bilan CO2 est très en défaveur de cette source d'énergie. J'ai aussi des preuves concernant la betterave distillée pour l'éthanol et dont aucun agriculteur ne veut fournir une usine flambant neuve du nord de la France car trop peu lucrative par rapport à l'industrie du sucre.

A suivre…

Dernière minute : la revue Tiers Monde organise jeudi 25 janvier à 17 heures un débat "OGM et développement agricole" à l'amphithéatre de l'IEDES (Institut d'Etude du Développement Economique et Social), 45bis avenue de la belle Gabrielle à Nogent-sur-Marne.

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17 janvier 2007

Agriculture, environnement et santé : vers le tout bio ?

Une cinquantaine de Villebonnais et de gens des environs sont venus participer samedi 13 au goûter débat organisé par la section socialiste de Villebon sur le thème Agriculture, environnement et santé : vers le « tout bio » ? Deux heures d’un remue-méninges très riche, prolongé agréablement devant jus de fruits et gâteaux bio faits maison, dont nous tentons ici une brève synthèse. A vous de le prolonger en nous envoyant vos propres idées et commentaires !

Tordant le cou aux idées reçues sur des pratiques qui seraient placées sous le signe d’une nostalgie passéiste, Frank-Olivier Trombetta, agriculteur de Marcoussis, a insisté d’emblée sur la haute technicité et les exigences du cahier des charges de ce type de pratique agricole. Il faut savoir que le niveau d’éducation moyen d’un agriculteur français se situe à bac + 2 et qu’il est encore plus élevé dans la filière bio…

Exclure tout produit chimique de synthèse (y compris pour vacciner les animaux !), respecter les cycles naturels et la vie animale (à l’encontre de l’élevage en batterie…), garder le lien au sol : ces règles de base du « bio » relèvent d’une conception de la nature moins naïvement scientiste que celle de l’agriculture productiviste, pour laquelle le sol serait un simple support pour une production de masse à grands renforts d’engrais chimiques, de pesticides et de désherbants. Quitte à détruire les sols et à produire des aliments pas toujours très sains (comme on l’a vu avec la crise de la « vache folle »), et en tous cas moins « goûteux » !

Pour l’agriculteur biologique, au contraire, chaque parcelle de sol est un écosystème de millions d’êtres vivants et c’est par une meilleure connaissance, un meilleur respect, de cet écosystème que l’on parvient à produire mieux et plus durablement.

C’est évidemment moins facile, d’autant plus que les îlots de cultures bio peinent à se protéger de leur entourage non bio : la moindre contamination par un pesticide répandu par le voisin entraîne un déclassement de la récolte ! Il faut donc s’entourer tant bien que mal de zones faisant barrière aux agressions chimiques.

Chercheur à l’INRA, Jean-François Castell nuance ces propos en faisant d’abord remarquer que le but premier de l’agriculture est de nourrir les hommes, but qui est loin d’être atteint dans nombre de pays du sud. L’agriculture productiviste a eu tout de même le mérite de procurer une sécurité alimentaire aux nations développées. Mais cela s’est fait au prix d’une mise en danger des sols et des eaux et au prix d’excédents chroniques qui, exportés à bas coût, condamnent les paysans du sud à l’exil alors que, dans le même temps, l’Europe oppose des barrières aux produits agricoles de nombreux pays du sud !

Quant aux OGM, outre qu’ils soumettent les agriculteurs à une dépendance envers les semenciers, ils font évidemment courir le risque de se propager à d’autres espèces avec des conséquences imprévisibles. Le risque est plus ou moins grand selon les plantes cultivées, le maïs présentant les meilleures garanties de ce point de vue. Mais, même sans risque de propagation, les OGM apparaissent comme une fausse solution. En effet, la plupart des OGM employés en agriculture ont pour but d’immuniser les cultures contre un type de désherbant dont on inonde ensuite la récolte. Mais la sélection naturelle permet aux « mauvaises herbes » de trouver naturellement la parade et de rendre ces mêmes désherbants inopérants !

Face aux nouvelles exigences des consommateurs en termes de santé, de qualité des produits, mais aussi de respect de l’environnement et des animaux (voir le succès des œufs de poules élevées en plein air…), la recherche agronomique doit trouver le moyen d’accroître le rendement tout en diminuant les atteintes à la nature et la quantité de produits répandus dans la nature.

Les agriculteurs eux-mêmes ont bien compris qu’il était de leur intérêt de ne pas détruire leurs propres sols et de cultiver des produits sains. D’autant plus qu’ils sont les premières victimes de l’agrochimie : la maladie de Parkinson, par exemple, fait des ravages chez les agriculteurs adeptes des insecticides chimiques !

A défaut d’une agriculture labellisée bio, très exigeante et gourmande en temps de travail (mais aussi source potentielle d’emplois !), l’INRA essaie de promouvoir une agriculture « raisonnée », dont l’avènement lui semble inéluctable comme une étape de transition vers le bio. D’ailleurs, de plus en plus d’agriculteurs productivistes découvrent l’intérêt des méthodes douces en faisant appel à des « auxiliaires de culture » comme… les coccinelles.

Cette évolution devra être impulsée par une volonté politique. En effet, les aides à l’agriculture assurent 80% des revenus de nos paysans et c’est bien par une réorientation de ces aides que l’on peut faire bouger les choses ! La France a de gros progrès à faire puisque, à la différence d’autres pays européens, elle n’accorde aucune subvention particulière au bio.

Reste que, faute d’un marché suffisant, insuffisamment aidée et généralement cantonnée à de petites exploitations, l’agriculture bio reste de 20 à 40% moins productive à court terme que l’agriculture traditionnelle, selon les chiffres avancés par M. Trombetta, et compte non tenu du coût des dégâts à l’environnement. Et par conséquent, ses produits plus coûteux restent aujourd’hui réservés aux plus aisés.

Comment sortir de ce cercle vicieux ? Tandis que l’INRA mène ses recherches visant à concilier productivité et défense de l’environnement, des associations comme les Jardins de Ceres tablent sur l’agriculture de proximité pour faire baisser les prix en supprimant les intermédiaires tout en limitant le kilométrage effectué par les produits depuis le champ jusqu’à la table du consommateur. Achetée à l’avance sous forme de parts dans la récolte, la production bio atteint des prix compétitifs : une participante au débat déclare nourrir sa famille de cinq personnes en tout bio pour 15 € par jour grâce à l’AMAP du plateau de Saclay.

Diversifier la production en redécouvrant notamment des espèces anciennes et succulentes, adapter davantage sa consommation à la production locale, ce qui est aussi une façon d’opposer la diversité des terroirs au fast food globalisé, sont aussi des moyens de consommer plus « malin » et plus écologique.

Une autre approche intéressante est celle présentée par Olivier Thomas, maire de Marcoussis. Dans sa commune, un chantier d’insertion répondant au nom prometteur de « Jardins de cocagne » permet à des jeunes en difficulté de cultiver des produits maraîchers bio dont ils consomment une partie de la récolte, des paniers de leurs produits étant par ailleurs distribués jusqu’à Paris.

Plus généralement, se pose le problème de l’exode organisé du monde rural. En 1980, ils étaient encore 1,2 millions d’agriculteurs en Europe. Aujourd’hui (2006), il en reste 900 000. La commission de Bruxelles n’en voudrait plus que 600 000 à l’horizon 2010. Et ce n’est pas le coût du foncier rural qui incitera des jeunes à s’installer ! Les ZAP (zones agricoles prioritaires), comme celle du « triangle vert du Hurepoix », tentent de stopper la hausse du prix des terrains en gelant pour trente ans les permis de construire. Là encore, c’est une question de volonté politique, note Olivier Thomas.

Dans sa présentation des enjeux tels que les perçoit Ségolène Royal, Thomas Chaumeil fait d’abord la preuve que la candidate socialiste est bien en phase avec les avis et les interrogations de la salle !

Pour les participants, il est en effet essentiel de :

  • Produire localement.

  • Maintenir la diversité des variétés régionales.

  • Consacrer un budget pour l’information des citoyens et des scolaires sur cette thématique.

  • Valoriser les métiers.

  • Aider les jeunes à s’installer.

  • Combattre la hausse du foncier et, en région parisienne, freiner la disparition des terres arables.

  • Faire baisser le coût pour le consommateur.

Les avis sont en revanche très réservés sur les biocarburants, nouvelle panacée, qui en dépit de leur nom risquent fort d’être produits par des méthodes pas du tout bio !

Comment atteindre concrètement les objectifs retenus par la salle et par la candidate ? Ce pourrait être le thème d’un nouveau débat. Vos suggestions sur ce blog seront les bienvenues !

Lire aussi les impressions d'Olivier Thomas sur son blog.

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27 novembre 2006

Café politique sur l'école : pour une conception moins élitiste

« On n’est pas très sérieux quand on a 17 ans » écrivait le jeune Arthur. On est parfois très (trop ?) sérieux quand on a quinze ans et qu’on est, comme on dit, un enfant des cités...

Le jeune interviewé dans cette vidéo est d’autant plus dérangeant qu’il ne théorise pas. Il constate. L’un de ses frères galère à bac + 5. Un autre frère gagne très bien sa vie avec un « métier manuel », comme on dit. Alors, pour lui, son choix est fait. Apte ou pas aux longues études, ce sera plomberie, « parce qu’il faut se dépêcher de travailler pour pouvoir ensuite payer sa retraite ». A quinze ans !

En ce samedi après-midi ensoleillé, le sympathique troquet face à l’église de Bures est plein à craquer de militants, mais surtout de profs ou de quidams venus en voisins pour dire leur insatisfaction de l’école telle qu’elle fonctionne aujourd’hui et aussi ce qu’ils attendent de changements pour qu’elle fonctionne mieux.

C’est qu’on en attend tellement, de l’école et des profs ! Former des citoyens mais aussi préparer à un métier. Et puis, donner l’éducation qu’on n’a pas eu à la maison et faire un peu l’assistante sociale. Dur métier, décidément.

Mais quelle école voulons-nous ? Anne-Marie a fait des études artistiques selon son goût puis elle a trouvé un métier selon son goût – sans aucun rapport avec ses études. Elle est pourtant bien jeune ! Preuve que les contes de fées existent encore à notre époque de chômage massif.

L’Education nationale, hélas, n’entend pas les choses de cette façon. Dans la grande tradition napoléonienne, tout se passe comme si sa principale mission, son obsession, restait de sélectionner une élite matheuse ou de haute fonction publique, et advienne que pourra des autres. Une élite conçue pour se reproduire. Sur la base de programmes élaborés, c’est bien connu, par des « pédagogues » qui n’ont jamais enseigné de leur vie, et dont les pédantesques leçons ne sont même pas compréhensibles par les enseignants censés les apprendre à leurs élèves.

Mais voilà. Si tu n’as pas au bon moment le niveau pré-formaté en français et surtout en maths, tu seras peintre en bâtiment mon fils. Pourquoi pas ? C’est un excellent métier. Encore faut-il en avoir la vocation. Certains réussissent pourtant, par chance, à passer à côté du laminoir. Cancre au lycée, cette dame blonde a fini par trouver sa voie et par faire de brillantes études universitaires. Chacun son rythme. Mais c’était au temps des trente glorieuses…

Alors, cette sélection, c’est ce que le ministère attend des profs. A eux de désigner les candidats aux filières courtes. Pas question de s’intéresser au « potentiel » des élèves à la traîne, il faut é-li-mi-ner. Parfois, la mort dans l’âme.

La sélection, cette passion française ! Alors que d’autres pays, comme la Finlande, s’interdisent de noter les élèves, en France, tout semble organisé pour persuader les plus fragiles qu’ils sont nuls et qu’ils n’y arriveront jamais. Et, au vu du taux d’échec scolaire, cela marche ! Proviseur dans un lycée pilote, Stéphane ne note pas les élèves avant l’âge de seize ans. Résultat : le taux de redoublement a été réduit à 2% pour un taux de réussite au bac identique.

Ah, ce redoublement ! Encore une spécificité française ! Loin d’augmenter les chances de l’élève, il l’enfonce dans l’échec. Quelle gabegie ! Pour les exclus du système, on s’invente une nouvelle panacée : l’apprentissage. Malgré des patrons souvent réticents, qui font miroiter un stage à un élève avant de se désister au dernier moment…

Cette ouverture sur le monde professionnel, bien sûr, est une bonne chose. Mais pourquoi la réserver aux élèves qui réussissent le moins bien ? Et pourquoi la limiter aux entreprises et ne pas l’élargir à tout ce qui forme la vie de la cité : les mairies, les associations… ? Pourquoi, surtout, les professeurs des filières traditionnelles restent-ils obstinément coupés de toute expérience de l’entreprise, alors qu’ils sont censés

préparer leurs élèves à y entrer ?

Le bilan de notre système est accablant. Chaque année, 80 000 élèves quittent l’école sans diplôme et 70 000 sans aucune formation, soit 10% du total des scolarisés. Devinez leur origine sociale… En 2002, selon le ministère de la Défense, 12% des jeunes appelés avaient du mal à lire des textes simples.

Mais ce « mammouth » qu'est le ministère de l'Education nationale, coupé du terrain, est-il réformable ? Pourquoi n’existe-t-il aucun système d’évaluation de l’efficience de notre école ? Qui osera s’attaquer à ce tabou ?

Terminons sur une note optimiste. L’école est bien réformable… par le bas. Par l’audace et l’imagination des équipes éducatives, dont il faudrait mieux tirer et généraliser les conclusions. Par une meilleure ouverture sur la cité, une meilleure implication des parents dans les équipes éducatives, dans le cadre d’un projet d’établissement, comme cela se pratique notamment aux Ulis. Un simple changement de mentalité, porter un regard bienveillant au lieu de chercher la faille, peut rendre à notre école la vocation citoyenne qu’elle semble avoir égaré en route, ce qui n’est pas incompatible, bien au contraire, avec la mission de former des salariés disposant des bases culturelles suffisantes pour s’adapter à une économie toujours plus « high tech » et mobile.

NB – Ceux dont j’ai omis ou déformé les idées sont cordialement invités à intervenir sur le site ! Les autres aussi, évidemment.

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21 octobre 2006

L'échange inégal : un débat participatif à ne pas manquer !

Et si, à l'occasion de cette pré-campagne, nous sortions un instant de nos considérations franco-françaises pour regarder vers le vaste monde ?

A l'inverse du "commerce équitable", "l'échange  inégal" condamne les producteurs des pays pauvres à ne pas recevoir le juste salaire de leur travail - généralement au profit de firmes transnationales basées dans les pays riches.

Pour en savoir plus sur ce mécanisme pervers et les façons d'y remédier,  venez participer au débat organisé par les comités locaux PS Paris Désirs d'Avenir et Paris-Mosaïque avec la participation exceptionnelle de

Victorin Lurel, député et président du conseil général de Guadeloupe, membre du conseil politique de Ségolène Royal.

Rendez-vous le mercredi 25 octobre à 19h30

à l'AGECA, 177 rue de Charonne , Paris (11ème).

Métro : Alexandre Dumas.

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17 octobre 2006

Débats participatifs : à vos claviers !

Plus de 800 contributions sur le site Désirs d'avenir, une centaine de réunions-débats à l’initiative de comités locaux Désirs d’avenir : tel est le bilan provisoire du premier débat participatif (toujours en cours) lancé par Ségolène Royal sur le thème : "Comment donner envie à tous les salariés d’adhérer à un syndicat ?".

Aujourd'hui 17 octobre, deux nouveaux débats sont lancés :

« Excellence environnementale » et « Promesse républicaine d’égalité éducative ».

Comme précédemment, ces débats vont se dérouler à la fois sur le site Désirs d’avenir et au sein des comités locaux Désirs d’avenir, avec la participation des élus et militants socialistes. Citoyens et associations sont cordialement invités à y participer. 

Vous pouvez donc dès à présent envoyer réflexions et commentaires, soit ici même, soit sur le site national.

A l’issue des quelques semaines de débats, les comités feront remonter compte-rendus et contributions en vue d'alimenter la synthèse collective qui en sera tirée et portée par la candidate.

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12 octobre 2006

Syndicats et dialogue social

Le 19 septembre, à Bondy, Ségolène Royal donnait le coup d'envoi de la nouvelle phase de sa campagne participative.

La nouveauté, c’est que les débats sont désormais organisés à la fois sur le site Désirs d'Avenir et par les quelque 430 Comités locaux, dans la forme de leur choix.

Premier thème retenu par Ségolène :

Comment donner envie à tous les salariés d’adhérer à un syndicat.

C’est en effet une question essentielle si l’on veut revitaliser le dialogue social et rééquilibrer le rapport capital – travail !

Votre expérience de syndiqué (ou de non syndiqué !) est précieuse. Vous pouvez alimenter le débat sur le blog national de Désirs d’avenir

ou envoyer vos commentaires ici même.

A vos claviers !

Posté par GULLIVER à 15:22 - Débattre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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